
Le roi Zwelithini a beau regretté ses propos, et rappelé les étrangers, par messager interposé, le mal est déjà fait, et beaucoup ont déjà fui et sont allés se réfugier dans des camps de fortune. Surtout que les zoulous les accusent d’être des ‘’criminels, des voleurs de leurs richesses et même de leurs emplois’’, ignorant volontairement que 50% des jeunes ici, sont abonnés au chômage.
Dans cette brusque montée de fièvre aux racines profondes, les populations autochtones zoulous se sont mises à pourchasser les étrangers, notamment des Congolais, Somaliens, Burundais, Ethiopiens, Tanzaniens, Kenyans… Pour endiguer les caillassages, pillages de haut vol, la police s’est déployée pour effectivement ceinturer le centre-ville, afin d’étouffer voire de réduire sérieusement les agressions et autres menaces contre de simples citoyens, qui n’ont de faute, que de n’être pas originaires d’Afrique du Sud.
Ils sont commerçants, ouvriers, hommes d’affaire et c’est sur eux que se défoulent les zoulous sud-africains, expulsant leurs frustrations, leurs aigreurs de chômeurs, leurs ressentiments de pauvres oubliés dans les lugubres townships du pays ‘’arc-en-ciel’’. Aveuglés par la misère, ils sont aussi sourds aux appels à la raison et au calme des autorités locales et nationales.
Le calme qui semble revenu ce mercredi grâce aux efforts des forces de l’ordre, des diplomates des pays directement visés et à la bonne conscience de certains commerçants locaux, solidaires de leurs associés étrangers victimes ; ce calme-là, pourrait n’être que précaire, si des dispositions pratiques sécuritaires et sociales ne sont pas prises. Déjà qu’on déplore au moins 4 morts officiellement, les chiffres réels pouvant être certainement beaucoup plus importants.
La terre de Madiba, par ces comportements de basse facture n’honore point la mémoire de l’homme universel qu’il fut. Les difficiles conditions économiques de certains Sud-Africains ne devraient à elles seules justifier ces dérives xénophobes, des campagnes d’éducation citoyenne devraient être lancées, amplifiées et poursuivies pour que les héritiers de Mandela soient dignes de l’esprit d’humanité qu’il a incarné.
Maria de BABIA pour GCI
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