
Le Mali libéré, c’est toute la région sahélienne qui s’expose désormais au cynisme et la cruauté des islamistes qui écument le désert saharien. D’autant plus qu’ils en veulent à tous les voisins du Mali d’avoir, non seulement cautionné mais aussi, pour certains, pris part à l’intervention pilotée par la France dans le septentrion de ce pays.
C’est ainsi qu’après le dénouement sanglant de la prise d’otages à In Amenas, c’est le Niger qui, depuis hier, fait face à la vengeance des terroristes islamistes. Avec ce double attentat, le Niger a été touché de plein fouet. En s’en prenant aux forces de défense, les islamistes du Mujao ont-ils voulu mettre à nu la vulnérabilité des services de sécurité nigériens ? C’est bien possible. Dans tous les cas, on parle dejà de 18 soldats parmi les victimes.
Mais les islamistes ont également tenu, avec l’attaque à Arlit, à frapper au cœur à la fois de l’économie du Niger et de la France. En effet, pour la France en particulier, les plus gros intérêts dans la région ouest-africaine se trouvent concentrés entre les mains d’Areva. Or, en faisant régner un climat d’insécurité dans la région, les terroristes peuvent perturber la production d’uranium. Par les temps de crise économique que nous vivons, c’est plus qu'une gifle économique.
Au-delà de ces considérations cependant, il est important de rappeler que ces deux attentats reposent de nouveau la question autour de l’opportunité qu’il y a eu à chasser Kadhafi. En effet, les premières informations indiquent que les terroristes sont venus de la Libye. Ce qui ne se serait probablement pas produit si le guide libyen était encore en place. Si l’on ajoute le fait qu’avec lui, la crise au Mali n’aurait peut-être pas éclaté avec une telle gravité, on se rend compte que Mouammar Kadhafi n’avait que des défauts. Et que Sarkozy a fait beaucoup de mal à cette région de l'Afrique.
Pour la France en particulier, la facture de l’intervention en Libye pourrait être encore plus salée. Parce qu’en dehors des coûts directs de cette intervention et de ceux liés à l’opération Serval au Mali, il faudra certainement s’apprêter à faire face à la déferlante terroriste qui est sur le point d’essaimer dans toute la région sahélienne. Pour le grand malheur de tous les Etats voisins ou lointains.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















