DOSSIER: Le CPD, un instrument pour la gouvernance locale

Le conseil préfectoral de développement (CPD) est l’instrument le plus important que le gouvernement ait mis en place au cours des dernières années. En raison sans nul doute de son caractère démocratique et surtout de la transparence qui lui est propre. Nous avons rencontré le secrétaire général du ministère de l’intérieur et de la sécurité, Elh. Amadou Baïlo Diallo, qui explique cette notion étroitement liée à la politique de décentralisation mise en place par le gouvernement.

Mais tout d'abord qu'est que c'est que le conseil préfectoral de développement:« c'est un organe qui a pour mission, comme son nom l'indique, d'harmoniser les interventions en faveur du développement local. On s'est rendu compte qu'avec la libéralisation des initiatives privées, l'administration avait d'autres partenaires pour le développement local. A savoir les ONG, les entreprises privées et d'autres institutions tout comme des personnes de bonne volonté qui participent activement au développement socio-économique de telle ou telle localité. Mais sans une institution d'harmonisation des actions de développement, les interventions se font pèle mêle. Il y a surpâturage dans certains endroits, faute de cohérence on se retrouve avec rien dans d'autres endroits ».

La même structure existe aussi bien à la base qu’au niveau régional dénommé conseil régional de développement « pour harmoniser les actions de développement dans la région, à l’image de la préfecture. Le conseil préfectoral est composé de tous ceux qui interviennent pour le développement d’une préfecture: les représentants de l’Etat, des ONG et les représentants des collectivités locales. Ils se réunissent périodiquement pour étudier les projets d’intervention de chacun avant de les harmoniser».

La question qui se pose cependant est de savoir est-ce que le CPD a produit des résultats. Le secrétaire général du ministère de l’intérieur est optimiste et croit que l’on pouvait trouver mieux comme formule à la base. Il déclare « il y a bien des résultats. Ne se reste que l’on s’est rendu compte qu’il y a la volonté pour tous les partenaires de travailler ensemble. Ce qui voudrait dire que le développement n’est pas
seulement l’affaire de l’Etat, mais de tout le monde. C’est une preuve de prise de conscience. Surtout quand on sait que parmi les intervenants il n’y en a qui maitrisent la technique de gestion ».

La préfecture de Siguiri est celle qui est citée le plus souvent comme l’exemple de réussite du conseil préfectoral de développement. Cela à travers les résultats obtenus en collaboration avec les partenaires de terrain.
En réalité, le CPD est la gouvernance même car, il consiste à faire en sorte que tout le monde participe à la fois à la mise en place et à l’exécution du plan de développement retenu de manière consensuelle. « Le CPD initie les gens à la concertation comme méthode travail. Par ce qu’on prend conscience que la gestion concerne tout le monde. Il est à la
fois l’instrument de la gouvernance et améliore celle-ci ».
Il est cependant important de savoir non seulement l’historique des CPD mais aussi sa structure actuelle. « L’Etat s’est rendu compte que pour un développement rapide et harmonieux, il fallait que les populations à la base tiennent leurs destins en mains.

Qu’ils participent à la gestion de leurs propres cités. Il fallait donc faire une étude financée par l’Etat à travers un projet. Des propositions ont été faites et soumises à l’approbation de notre département qui s’est également référé aux autres ministères concernés par le projet. Au départ, l’idéal était de mettre en place un conseil régional.
C'est-à-dire une assemblée régionale qui se réunit pour discuter du budget de la préfecture. Pour que ce soit vraiment fonctionnel, il fallait que ce soit présidé par un élu. Mais, au moment où les mettait en place, c’était une période exceptionnelle. Et les gens n’allaient pas comprendre qu’un élu surclasse le préfet. C’était comme si on mettait
les bâtons dans les roues de préfets. Il fallait donc évoluer de manière progressive pour ne pas échouer. C’est pour quoi les premiers conseils préfectoraux de développement sont présidés par les préfets. Maintenant la tendance et l’esprit est de faire que réellement ce soit de véritables assemblées délibérantes au niveau des préfectures. Cependant élus
ou pas, mieux valait qu’il y ait un conseil auxquels les gens qui gèrent viennent rendre compte. Mais tout cela nécessite des moyens et de la formation».

Pour ce faire il est impérieux que tous les départements concernés harmonisent aussi leur position. Ce n’est donc pas pour rien que le ministère des mines et géologies est étroitement associées à la mines à mise en place des CPD dans les préfectures minières.
Le défi à présent reste toutefois la mise en place des CPD définitifs avec une présidence assurée par un élu et qui comprendront les représentants de l’administration, des services techniques à la base et ceux des collectivités décentralisés et des ONG.
L’autre question cruciale est de savoir est ce que les CPD doivent avoir un budget. Ce qui n’est pas évident, étant donné qu’ils sont un organe délibérant qui va donner son avis par rapport aux actions de développement posées sur le terrain. Il fera des recommandations pour harmoniser les interventions. « Si le CPD gère les moyens mis à sa
dispositions il risque de se substituer aux autres ».


Kerfalla Kourouma, Guineeconakry.info

 

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