
Ce cri de cœur, les femmes de Guinée le lanceront parce que conscientes des risques évidents de conflit qui menacent et du fait qu’elles se savent les plus grandes et les premières victimes d’une éventuelle implosion sociopolitique.
C’est en substance ce que nous a déclaré, ce mardi la présidente de la Coalition à la base de cette initiative, Dr. Makalé Traoré. En fait, le contexte que la Guinée vit aujourd’hui lui rappelle une autre période sombre de la Guinée : la veille des massacres du stade du 28 septembre. Or, elle se souvient : « A l’époque, au nombre d’une vingtaine d’ONG, nous étions allées rencontrer toutes les autorités : le président de la République, le chef d’Etat-major général des armées, les responsables des différentes institutions républicaines, etc. ». Malheureusement, parce qu’elles n’auraient pas été écoutées et comprises, « le 28 septembre s’est produit », déplore aujourd’hui encore l’ex-directrice de campagne du candidat Alpha Condé.
Et c’est pour empêcher qu’une aussi sinistre situation se reproduise en Guinée qu’elles ont initié « une marche blanche ». Une couleur qui vient du fait que toutes les participantes à cette marche seront toutes habillées en blanc. Le blanc symbolisant la paix et la bonne foi qui sous-tendent l’initiative. Après un périple qui les mènera du stade du 28 septembre au palais du peuple de Conakry, « nous remettrons un pagne blanc aux autorités » confie Dr. Makalé Traoré. Avant de poursuivre, « dans ce pagne blanc se trouveront déclinés tous nos messages. A savoir que nous marchons pour la paix, nous marchons pour le consensus, nous marchons pour les femmes ». Même si, regrette-t-elle, « quelque part, on s’obstine à éloigner les femmes du processus de dialogue politique ».
Aux yeux de Dr. Makalé Traoré, la paix, le consensus et la femme demeurent des concepts intimement liés. Car selon elle, sans consensus, c’est la paix sociale qui est remise en cause. Or, à l’en croire, les femmes payent toujours le plus lourd tribut dans les situations conflictuelles. En guise d’illustration, elle évoque « le viol qui est de plus en plus devenu une arme de guerre à part entière ».
En gros, cette marche blanche est un peu le « Y’en marre » des Guinéennes face au spectacle tragi-comique que les acteurs politiques livrent depuis plus de deux ans désormais et qui menace dangereusement la stabilité du pays. En cela, Dr. Makalé conseille de ne pas se « voiler la face » et de « ne pas avoir peur des mots ».
© Pivi Bilivogui pour GuineeConakry.info




















