
D’une certaine façon, au cours de la première phase des négociations inter-maliennes d’Alger, les représentants du gouvernement malien avaient réussi à faire admettre l’idée selon laquelle, l’indépendance ou même l’autonomie du nord du pays, n’est pas à l’ordre du jour. C’est en tout cas en substance ce autour de quoi les représentants des groupes armés du septentrion malien se sont entendus au cours d’une concertation de trois jours qu’ils viennent d’avoir au Burkina Faso. Admettant tous la nécessité du retour de la paix, la Coalition du peuple pour l’Azawad (CPA), le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), le Haut conseil islamique de l’Azawad (HCIA), le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) et les Coordinations des mouvements des forces patriotiques pour la résistance (CMFPR 1 et CMFPR2) s’accordent à accepter l’argument de l’intégrité du territoire malien.
Pour autant, chacun d’eux ne jure que par le statut de l’Azawad. En effet, selon eux, la région dont ils sont originaires, nécessite un regard et une attention particuliers de la part des autorités maliennes. S’il n’est pas question que les gens aillent jusqu’à revendiquer leur auto-administration, ils voudraient tout de même que l’Etat malien s’engage formellement à faire en sorte que la zone du nord ne soit plus "l’enfant détesté" qu’elle semble avoir très souvent été.
En raison de la guerre dont la région de l’Azawad a dernièrement été le théâtre, ils souhaitent que des engagements forts et concrets soient pris en faveur de la reconstruction. De même, la région ne devrait plus être laissée à la merci des trafiquants en tous genres. Le Mali devrait considérer l’Azawad comme une partie intégrante de son territoire et agir en conséquence, quand en particulier les habitants sont confrontés aux menaces des terroristes islamistes. Par ailleurs, on devrait courageusement reconnaître le mur de méfiance qui s’est dressé entre nord et sud et, conséquemment, fagir de manière à le briser, via un processus de justice et réconciliation assumé et décomplexé. L’aridité et l’austérité de la région ne devraient pas, non plus, justifier que les politiques de développement socioéconomique et culturel se détournent de l’Azawad.
Comme on le voit, l’enjeu des débats qui reprennent ce lundi à Alger c’est aider le Mali à éviter la situation à laquelle le Nigéria est aujourd’hui confronté, avec Boko Haram dont on sait qu’il est en partie, produit de la marginalisation dont le nord du pays a historiquement fait l’objet. Ainsi, il serait dans l’intérêt de tous que les débats et les engagements des uns et des autres, soient les plus authentiques possibles.
Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info




















