
Selon nos informations, les protestataires sont subitement sortis de leurs demeures pour barrer la route. Mobilisant de grosses pierre et érigeant un barrage de circonstance, elles ont vite fait de provoquer un embouteillage montre dans le coin. Les véhicules en provenance de Kindia et ceux arrivant de Coyah sont tous systématiquement bloqués. La détermination des manifestants est telle que même les motards ne sont point épargnés.
Dans les conditions normales, cette protestation a de quoi surprendre dans la mesure où même la capitale guinéenne n’est pas parcimonieusement desservie en courant électrique. Sauf que la zone de Friguiagbé est une localité qui, du vivant de feu le président Lansana Conté, bénéficiait d’un régime exceptionnel. Un privilège qui était en rapport avec la place et l’importance de feu Fodé Soumah, à l’époque tout à la fois vice-gouverneur de la Banque centrale, ministre de jeunesse et des sports et parrain national du Parti de l’unité et du progrès (PUP). Mettant à profit ses liens privilégiés avec l’ancien président de la République et procédant par une propagande intelligente, il avait réussi à faire de sa sous-préfecture nationale une attraction nationale. On se rappelle à propos du fameux tournoi Hadja M’Mah Camara (du nom de la mère de l’ancien chef de l’Etat), une compétition qui avait fini par ravir la vedette au championnat et à la coupe nationale.
A l’époque, les populations de Friguiagbé et ses environs n’avaient rien à envier aux habitants de Conakry. Malheureusement, le vent ayant tourné, les privilèges ont fui. Du coup, la zone, nous dit-on, est plongée dans l’obscurité depuis trois mois environ. Une situation que les populations ne voudraient se résigner à laisser perdurer.
Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info




















