DE LA MER AU DESERT : La mort, toujours la mort …

L’exemple dramatique de Yaguine et Fode, ces deux jeunes clandestins Guineens decouverts morts de froid dans la soute du vol 520 de la Sabena Airlines le juillet 28 1991, n’aura décidément pas fin au rêve d’Occident de nombreux jeunes Africains. Si les jeunes Guinéens avaient choisi les airs, d’autres de leur âge, choisissent la mer ou le désert pour assouvir leur soif de partir vers d’autres horizons pour fuir leurs quotidiens incertains.

La tragédie qui vient de se dérouler sur les sables chauds et les nuits glaciales du désert nigérien, avec la découverte près de Dirkou, d’une cinquantaine de corps sans vie, relance toute la problématique de cet attrait fatal de la jeune africaine, bien souvent hélas, vers l’abîme.

Depuis une semaine, c’est le décompte macabre ou chaque jour révèle de nouveaux corps et les conditions atroces de ces fins de vie. L’immensité du désert, ses mystères nocturnes, le vent qui efface les pas, la faim qui perce les tripes, la soif qui étouffe, la fatigue et le stress qui foudroient, ont finalement eu raison de ces hommes dont le but était de passer par la Libye, pour espérer ‘’ouvrir les portes de l’Europe’’, avec l’espoir quasi certain d’une vie meilleure et la conviction de fuir leur enfer de tous les jours.  

« Si en Méditerranée c’est la mer qui  vous ‘’enterre’’, dans le désert c’est le soleil qui vous calcine et le froid qui vous cuit… », confie à GCI, un de ces Guinéens qui ont vécu cette terrible aventure et qui n’ont eu la vie sauve que grâce à l’Organisation internationale chargée des migrants et dont le travail humanitaire est admirable.  

Mais qui est-ce qui pousse les Africains vers ‘’Bako’’ ou ‘’l’autre rive’’ ?

Yaguine et Fodé dans leur émouvante lettre au français approximatif, avait répondu à leur manière à cette question : « Au niveau des problèmes, nous avons la guerre, la maladie, la nourriture, etc. Quant aux droits de l’enfant, c’est en Afrique, et surtout en Guinée nous avons des écoles mais un grand manque d’éducation et d’enseignement. Sauf dans les écoles privées qu’on peut avoir une bonne éducation et un bon enseignement, mais il faut une forte somme d’argent et nous, nos parents sont pauvres. La survie ici,  c’est de nous nourrir, ensuite nous avons des écoles de sport telles que football, basket, [illisible ?] etc. »

Cette lettre qui était aussi un vibrant appel a l’occident, était également poignant appel à la conscience des présidents africains, responsables en grande partie du devenir de leurs pays. Depuis ce ‘’sacrifice’’ ou ce ‘’martyre’’ de Yaguine et Fodé, peu de choses ont changé… Et l’actualité macabre du desert nigérien vient gifler nos consciences encore une fois.

Maria de BABIA pour GCI

2015-GuineeConakry.Info

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