DANSA KOUROUMA, PRESIDENT DU CNOSCG : ‘’ A ceux qui veulent ner notre existence...’’

Depuis quelque temps, la tension monte au cœur de la société civile guinéenne. Beaucoup parlent facilement d'une querelle de leadership et d'intérêts non avoués. Qui a tort ou raison ? Se demande la plupart des Guinéens. Pour en sa voir plus, GCI a décidé de rencontrer les deux principaux protagonistes, le CNOSCG et la PCUD. Premir rendez-vous avec M. Dansa Kourouma du CNOSCG. Interview.

GuineeConakry.Info : Récemment, vous étiez à couteaux tirés avec le président de la PCUD, M. Sano Abdourahmane, concernant les états généraux de la société civile qui devraient se tenir en mars prochain. Qu’en est-il ?

Dansa Kourouma : Sachez que ma structure n’est  pas à couteaux tirés avec qui que ce soit. Nous considérons que le Conseil National des Organisations de la Société Civile est la  seule faitière des faitières en République de Guinée. Donc, avec les autres structures de la société civile, nous entretenons des relations respectables avec elles. Mais, celles qui veulent nier notre existence, on leur montrera que nous sommes installés jusque dans le dernier  district du pays ! Je crois que cet incident est clos. Nous avons notre position bien définie. Je vous informe que nous avons été rejoints par l’autre faitière de la Société civile qui est la CONASOG. Et là, sachez que ces deux plateformes que nous sommes, constituons 80% de la société civile au niveau national.

Nous avons une position commune et de surcroit, on a été rejoint également par la CEDIC et tant d’autres faitières de la Société civile. Certes, je pense que nous sommes sur un droit chemin, pour parler de la concertation ou des assises de la Société civile, parce que nous avons en notre sein les plus grandes faitières  des organisations du pays. Mais, faisant une tentation unilatérale pour récupérer, les acquis de la Société civile qui ont été semés et obtenus après de nombreuses luttes, j’avoue que cela est un saut dans le désespoir.

Je me rappelle lorsqu’il y eu les événements de 2007 et ceux du 28 septembre 2009, d’autres personnes étaient ministres et d’autres occupaient de hautes fonctions dans l’administration publique. Regardez, ce sont ces mêmes personnes qui veulent venir nous apprendre comment la Société civile doit fonctionner. Je crois que pour des raisons d’éthique et de la déontologie, le Conseil national ne doit pas accepter que la Société civile  soit  ainsi pervertie.

GCI : Quelle lecture, faites-vous de la récente tuerie commise  par les frères islamiques Kouachi au siège de l’hebdomadaire satirique français ‘’ Charlie Hebdo’’ avec douze personnes froidement  abattues?

DK : Vous savez, si on parle de la Société civile, c’est parce que tout simplement, il y a la démocratie et la liberté d’expression qui ne peut être vraiment sans la presse. Une manière de vous dire que si la liberté n’existe pas,  la Société civile ne peut prospérer. Alors, notre première mission, c’est de défendre cette démocratie et cette liberté. Parce que notre raison d’être se justifie à partir de l’existence d’une liberté d’opinion qui est une troisième force de liberté qui se met entre le pouvoir et l’opposition.

C’est ça, la Société civile. Si on s’asseoit jusqu’à ce que cette liberté soit bâillonnée et qu’elle soit également prise en otage par les islamistes, je crois que cela va se retourner contre nous demain. C’est pourquoi, dès que l’attentat de Charlie a été perpétré, le Conseil national a fait une déclaration qui a fait le tour des sites et certaines radios de la place.

Et, nous avons participé à la marche silencieuse qui s’est tenue le dimanche dernier  et à ce point, je précise que le Conseil national a mobilisé 400 personnes qui ont largement r protesté contre  cet acte terroriste.

C’était une  démonstration de solidarité à l’endroit de Charlie Hebdo. Mais, qu’on sache que la liberté d’expression veut dire la tolérance, je ne suis pas en train de défendre Charlie, à cause de ses opinions  certes, je défends Charlie parce que c’est un journal qui ne mérite pas être ‘’tué’’ à cause de ses opinions.

Cependant, je ne partage pas la caricature qu’ils ont présentée à la une du journal. Non plus, je ne partage pas la manière avec laquelle, l’acte a été commis parce que c’est un acte abominable. Pourtant, l’Islam  est une religion de pardon. C’est la religion du juste milieu  et de la tolérance.

Le mot  qui caractérise plus l’Islam est la tolérance. Là, on ne permet pas d’en abuser comme un moyen pour assassiner. Je crois que  c’est de la traitrise pure et simple pour ceux qui veulent utiliser l’Islam pour commettre des actes terroristes.

L’islam n’est pas une religion de violence. Je ne peux pas être indifférent parce que ce qui est arrivé à Charlie,  peut arriver à d’autres. Nous sommes démocrates et la Guinée est un pays laïc pour cela, nous devons respecter  la religion des autres et l’opinion des autres.    

Propos recueillis par Léon Kolié pour GCI 

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