DADIS CAMARA SUR RFI : Le buzz médiatique en Guinée

Dadis Camara, l’ex-capitaine, chef de la junte qui a pris le pouvoir en 2008, suite au décès du président Lansana Conté, le 22 décembre, déroule sous yeux, son plan médiatique en rouleau compresseur. C’est désormais évident, l’officier a décidé de passer à l’offensive, après avoir démissionné de l’armée guinéenne. Il est même sentencieux : « Si j’avais l’intention de négocier, je n’allais pas me présenter comme candidat à l’élection présidentielle, je serais resté dans les coulisses à Ouagadougou. Il n’y a plus de négociations concernant le dossier du 28 septembre. » Ce qui est dit est dit sur RFI. En exclusivité. Et c’est le buzz ! Pour Dadis, retourner à Conakry, c’est l’objectif, on ne peut plus clair. Sauf si…

Sauf si les autorités guinéennes en décident autrement ou alors, la communauté internationale. Car il ne faut surtout pas oublier que Dadis, contrairement à ce qu’il pourrait bien croire, n’est pas tout à fait libre de ses mouvements. Il est à Ouaga par la volonté de la communauté internationale. Les révélations de WikiLeaks sont là pour le confirmer.

L’exil lui est insupportable

En fait, il avait été ‘’confié’’ au Burkina de Blaise Compaoré. Or, comme chacun le sait, son tuteur a du fuir, sous la pression populaire sur la Côte d’Ivoire. Depuis, il est un peu orphelin, malgré ses habitudes bien ancrées déjà dans ce pays. Ses rapports avec les nouveaux dirigeants de la transition, sont courtois, sans plus. Il est là, mais il sent bien que les choses ont changé. Il s’ennuie terriblement. L’exil lui est insupportable.

Dadis Camara, que la balle de Toumba n’a pu faire taire, sait désormais qu’il devra se faire entendre pour exister, d’où ces éclats de voix depuis Ouaga. Une conférence de presse par-ci, une interview par-là, et même des appels téléphoniques aux journalistes amis. Une spirale médiatique qui avance comme  pour bien connaitre la direction du vent.

La balle dans le camp d’Alpha Condé

L’interview exclusive accordée à nos confrères de RFI relève de cette mécanique bien huilée. Quand Florence Morice de RFI lui demande: « Que ferez-vous si le président Alpha Condé s’oppose à votre retour, sachant qu’en 2013, lors des obsèques de votre mère, vous n’aviez pas pu vous rendre à Conakry ? »  Dadis répond sereinement : « Si cela se passait, ce ne serait pas démocrate. Le président Alpha, j’ai eu confiance en lui lorsqu’il a été investi en disant qu’il est le Mandela de la Guinée. S’il a dit qu’il est le Mandela de la Guinée, il ne pourra pas s’opposer.» Le clin d’œil est transparent. Il ne cherche pas la confrontation, il veut surtout savoir s’il pourra effectuer ce voyage… Le reste est une question tactique, pour laisser la balle dans le camp d’Alpha Condé.

Même pas peur

Même pas peur ! A l’en croire, Dadis revient pour que cesse toute instrumentalisation en son nom et pour dire sa «part de vérité » sur les massacres et viols du Stade du 28 septembre. Il est même confiant : « Cette vérité va éclater ! (…) Je ne suis pas à l’abri de la loi. (…) J’irai devant les autorités compétentes ! ». Contre vents et marées, Dadis semble donc prêt.

Seulement, le fait que lui soit prêt n’est pas suffisant. La communauté internationale est-elle vraiment prête à le laisser revenir en Guinée, pour déposer sa candidature à l’élection présidentielle, alors qu’aucun autre dossier n’est encore reçu par les autorités compétentes ?

Maria de Babia pour GCI

2015-GuineeConakry.Info  

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