
Un engouement qu’il explique notamment par le lien que la capitale sénégalaise entretient avec le Bembeya Jazz National depuis qu’un jour d’avril 1973, le chanteur attitré du groupe, Aboubacar Demba Camara, y a perdu la vie, dans un accident de circulation.
« Vu la réaction que la présentation de ce livre a suscitée à Dakar, j’étais fier d’être Guinéen, fier d’être un musicien qui ait eu le privilège de jouer dans le groupe de Bembeya ».
Cette impression, à elle seule, suffit pour résumer l’état d’âme qui a été celui de Maitre Barry, suite à l’accueil que le public sénégalais a réservé à la présentation du livre sur le Bembeya Jazz national. Pourtant, il confie avoir agi en toute improvisation. Selon lui, après que le Bembeya Jazz ait livré une prestation mémorable, il lui a semblé logique d’annoncer l’existence de cet ouvrage. Mais il ne cache pas qu’il a failli regretter le geste. Parce que tout de suite, il a été inondé par les demandes qui venaient de toutes parts.
Les spectateurs pensant qu’il était porteur d’un lot important n’auront cessé de demander de quel côté se trouvait l’étalage où ils pensaient pouvoir s’offrir le livre. Quelque peu gêné, il a pensé qu’il s’en sortirait en leur confiant que les uns et les autres n’avaient qu’à aller sur Internet, pour disposer de toutes les informations sur la manière de s’approprier le livre. Ils rétorquent alors que ce serait très long tout ça et que par ailleurs, ils aimeraient surtout en disposer tout de suite et si possible, avec la dédicace des auteurs. "L’imprudent" promoteur de circonstance n’a alors eu la tranquillité qu’en échange de promesses d’œuvrer, dès son retour en Guinée, en vue que Dakar soit servi en priorité.
Ce succès anticipé du livre, Maître Barry dit n’en être aucunement surpris. Pour lui, cela tient essentiellement au parcours glorieux du groupe sur lequel porte l’ouvrage. Pour lui, « ce livre représente un trésor ». « De la naissance de l’orchestre en 1961 jusqu’à nos jours, en passant par l’année 1973 qui avait vu la disparition d’Aboubacar Demba Camara, on peut dire qu’il était temps qu’une œuvre retrace l’épopée de ce groupe », enchaine-t-il, nostalgique.
Quoique musicien ayant, par la force des choses côtoyé le légendaire groupe, il est le premier à se laisser séduire par le contenu du livre. Il confie notamment avoir appris de ce livre des facettes de la vie d’Aboubacar Demba Camara qu’il n’aurait jamais soupçonnées. Ainsi, révèle-t-il « C’est par exemple dans ce livre que j’ai appris que Demba a été boxeur ». Selon lui, il en est de même avec le fait que le dragon de la chanson africaine aurait fait l’école buissonnière. Des aspects de la vie de ce dernier qui n’auront néanmoins pas empêché qu’il se révèle « un très grand compositeur, un très grand danseur et quelqu’un de socialement bien ». Et dont la particularité résidait dans sa « capacité d’appréhender les choses et de les chanter… sa capacité de chanter le quotidien ».
Heureusement, dit-il, que tout cela, le livre le mentionne « avec plus d’éloquence ».
Brahim Bangoura pour GuineeConakry.info




















