
Deux principaux points étaient au cœur de la rencontre qui, au siège de l’Union des forces démocratiques de Guinée, a une nouvelle fois, réuni l’opposition, par-delà ses tendances parlementaire et extraparlementaire.
Il s’agit des résultats provisoires du recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) et le blocage politique. Au sujet du premier point, l’approche que retient l’opposition est celle qui consiste à saisir les partenaires techniques et financiers dont l’apport financier a rendu possible le recensement. Selon Aboubacar Sylla, porte-parole de l’opposition républicaine, l’objectif est de « prouver que ce recensement sert plutôt à justifier à posteriori, les fraudes qui vont être organisées lors de la prochaine révision du fichier électoral pour pouvoir justifier des gonflements d'électorat dans certaines régions et expliquer le tassement ou la réduction d'électorat dans d'autres régions ».
A l’en croire, il est d’autant plus impérieux de corriger les erreurs dont les résultats du recensement seraient entachés, qu’en l’état, ils peuvent déboucher sur « une sorte de discrimination entre les populations, en justifiant des investissements d'une ampleur disproportionnée dans certaines régions, et en minimisant les infrastructures sociales dans d'autres, sous prétexte que dans ces dernières régions, il y aurait moins du monde. »
Pour ce qui est du second point, les participants à la rencontre concluent que le véritable obstacle à la signature de l’accord politique issu du dernier round de dialogue, ne serait autre que le chef de l’Etat, lui-même ! En conséquence, ils décident d’une forme de riposte que leur porte-parole formule ainsi : « Dès le lundi 4 Août prochain, nous allons organiser un meeting géant à Conakry, en appelant tous nos militants, sympathisants et les citoyens de la ville de Conakry et d’ailleurs à venir nous écouter à ce meeting, pour que nous puissions présenter la situation de notre pays et les risques que la Guinée court, avec ce refus du gouvernement et du président de la République d’entériner les conclusions d’un dialogue qui aurait pu contribuer largement à préserver la paix civile, la cohésion sociale et la stabilité politique dans notre pays ».
Au-delà du meeting en tant que tel, c’est la date qui semble avoir été choisie avec une certaine arrière-pensée. Si jamais ce meeting a lieu, il pourrait bien mettre le président Alpha Condé dans une posture inconfortable, lors du sommet américano-africain, des 5 et 6 août prochain. Or, en raison également de ce sommet, il ne serait pas bien qu’on interdise ce meeting. Du point de vue des libertés politiques, ça ferait une mauvaise publicité pour le régime du président Alpha Condé.
Avant d’arriver à cette date, l’opposition guinéenne entend saisir respectivement le ministre de la justice en sa qualité de président du dernier dialogue politique et la communauté internationale, co-signataire des accords politiques du 3 juillet 2013. De même, le jeudi 1er août prochain, Cellou Dalein Diallo et ses amis promettent d’animer une conférence de presse, à Conakry.
Du côté du pouvoir, on relativise les raisons que l’opposition met en avant pour justifier la sortie du 4 août. Le porte-parole du gouvernement pense notamment, que la mésentente majeure entre les acteurs politiques guinéens réside dans l’opportunité ou non, d’exclure Waymark de nouvel appel d’offre devant permettre de recruter l’opérateur en charge de la révision des listes électorales, dans l’optique des futures élections. Or, sur la question, Damantang Albert Camara demeure derrière l’argument juridique qui ne permettrait aucune forme d’exclusion.
GCI suit pour vous.
Pivi Bilivogui pour GuineeConakry.info




















