
Au cours de cette rencontre avec la presse, les leaders des deux regroupements politiques se sont livrés à une répartition de rôles, dans une mission qui consistait vraisemblablement à jeter de l’ombre sur la gouvernance du Pr. Alpha Condé.
Dans cette stratégie manifestement bien murie, il est revenu à Aboubacar Sylla de l’Union des forces du changement (UFC) de rendre public le tout nouveau projet qu’envisagent les deux alliances. Un projet qui consiste, selon l’ancien ministre de l’information, en « une "caravane de la démocratie" dans les quatre régions naturelles du pays pour expliquer aux populations la situation sociopolitique dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui ». Aboubacar Sylla en profitera pour apporter un bémol aux appréciations que le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation avait faites des dernières visites qu’il a rendues aux sièges de quelques partis, ces derniers jours. Tranchant dans le vif, il a indiqué qu’il n’y a aucune volonté de dialogue politique de la part du gouvernement guinéen.
Pour sa part, le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Elhadj Cellou Dalein Diallo, qui était absent lors de la toute première conférence conjointe, a davantage insisté sur la problématique de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Il est revenu sur l’unilatéralisme dans lequel travaille ce dernier. Mais il assure que « le collectif et l’ADP n’accepteront pas les décisions de façon unilatérale ».
A Sidya Touré, président de l’Union des Forces Républicaines (UFR), il était manifestement dévolu le rôle de s’attaquer au bilan économique et social du président Alpha Condé. Un bilan qu’il juge si négatif que, selon lui, « il n’y a aucune raison qu’un Guinéen vote pour l’Alliance arc-en-ciel aujourd’hui ». L’ancien allié de Cellou Dalein Diallo aux dernières élections présidentielles a également évoqué une campagne d’intimidation et de chantage dont userait le parti présidentiel pour contraindre les fonctionnaires à adhérer au Rassemblement du peuple de Guinée (RPG). C’est ainsi que selon lui « le dernier fonctionnaire de l’intérieur doit prendre des engagements d’appartenir à l’arc-en-ciel au risque d’être remplacé à son poste de responsabilité ».
Dr. Zalikatou Diallo du Parti de l’espoir pour le développement national (PEDN) qui était des leaders présents à ce rendez-vous avec la presse, s’est, quant à elle appesantie sur la répression dont les militants et sympathisants de sa formation ont fait l’objet à Kankan à la faveur du déplacement que le président du parti, Lansana Kouyaté y effectuait le week-end dernier. Une situation que la secrétaire nationale du PEDN a dénoncée en la qualifiant de "recul démocratique".
Mouctar Diallo, qui refait surface après une période de silence s’est, pour sa part penché sur la saignée financière que les multiples déplacements du président de la République en dehors du pays provoque. A l’en croire, "chacune des sorties du chef de l’Etat nécessite jusqu’à 600 000 dollars US". Conséquence, le président des Nouvelles Forces Démocratiques (NFD) demande "que le premier magistrat pense à rendre des comptes".
Pivi Bilivogui pour GuineeConakry.info




















