
A l’issue des entretiens avec les opposants le porte-parole de l’opposition guinéenne Aboubacar Sylla a livré ses impressions.
« Cette réunion que nous venons d’avoir avec une délégation gouvernementale est une rencontre informelle destinée à faciliter un dialogue structurée entre l’opposition et le pouvoir. Nous avons donc, passé en revue tous les obstacles qui empêchent l’ouverture de ce dialogue, de manière à les relever le plus rapidement possible, pour qu’en Guinéens, nous nous retrouvions très rapidement autour de la table, afin de discuter des questions qui nous opposent, pour nous sortir enfin de cette crise politique, que traverse notre pays depuis très longtemps. Nous avions évidemment, nous de l’opposition, mis en avant certaines conditions préparatoires nécessaires, pour qu’on puisse aller à un dialogue. Entre autres : l’annulation du calendrier électoral de la Céni prévoyant les communales pour 2016, le gel momentané des activités de cette institution, comme ce fut le cas en 2013, en prélude au dialogue. Enfin, nous avons évoqué le cas des manifestants arrêtés, certains condamnés et d’autres ne le sont pas encore, afin qu’ils soient libérés dans les meilleures conditions » a expliqué le porte-parole.
Sur la CENI il est plutôt amer : « Nous avons parlé des problèmes de la Céni, du fichier électoral, notamment de la question de la révision actuelle du fichier, qui connait de graves anomalies, dans la mesure où dans certains fiefs du pouvoir, il y a des enrôlements massifs des mineurs. Cela a atteint des proportions telles que nous considérons que le fichier électoral est en voie de tripatouillage, et qu’il est en train d’être corrompu, et ne peut pas servir de base à l’organisation des élections transparentes.
La Céni pour nous ne dispose ni de l’expertise, ni de la crédibilité nécessaire pour organiser les élections. Il y a donc, lieu de se pencher sérieusement sur une réorganisation de cette institution, ou en tout cas, sur l’adjonction d’une assistance technique significative comme en 2013. Nous nous réjouissons de cette réunion qui s’est tenue dans la courtoisie. Nous espérons que cette rencontre va se concrétiser une ouverture rapide du dialogue » a-t-il conclu.
Quant au ministre de la justice, il estime qu’il faut écouter toutes les parties prenantes, dans l’espoir de parvenir au dialogue : « Aujourd’hui, nous sommes avec l’opposition républicaine, demain matin nous serons avec la mouvance. Au vu de ces deux rencontres, nous pourrons proposer un certain nombres d’éléments nous permettant d’ouvrir le dialogue », a indiqué le ministre de la Justice.
Mamadou Aliou Diallo pour GCI




















