CRISE CENTRAFRICAINE : Catherine Samba Panza à la peine

A son arrivée à la tête de l’agonisante Centrafrique, en février dernier, Catherine Samba Panza incarnait l’ultime espoir de voir le patient recouvrer sa santé. Cinq mois après, force est de constater que sa thérapie ne fonctionne pas. Car même le semblant retour progressif à la normale qui s’était dessiné ces derniers temps se révèle trompeur. Depuis quelques jours, le pays tout entier est de nouveau plongé dans le chaos. En dépit des conseils avisés que ses homologues de l’Afrique centrale lui ont dernièrement prodigués à Malabo, la présidente centrafricaine peine à faire entendre raison aux ex-Séléka et aux anti-Balaka.

Ces derniers jours, nous assistons malheureusement au retour à la case départ dans la crise centrafricaine. Si en effet, les choses sont relativement calmes dans la capitale Bangui, il en est tout autrement en province.

Bambari, au centre du pays, est le symbole de ce regain de tensions et de violences qui inondent le pays. Lieu de cantonnement des ex-Séléka, cette localité est désormais le creuset des affrontements interconfessionnels auxquels se livrent les principaux groupes armés rivaux du pays. Après un jet de grenade qui, la semaine dernière, a fait plusieurs blessés dont quatre graves dans une mosquée de Paoua, dans l’extrême nord du pays, à la frontière avec le Tchad, c’était hier au tour des ex-Séléka de s’en prendre aux occupants de l’archevêché de Bambari. Durant plusieurs heures, les fidèles, terrés dans le presbytère, ont en vain imploré l’intervention d’un sauveur. Plusieurs personnes auraient été tuées et de nombreuses autres blessées.

Les affrontements d’hier constituent une sorte de point culminant d’une une série d’attaques-représailles que l’on enregistre depuis un peu plus de72 heures dans des localités du Centre et du nord du pays. On a ainsi parlé pêle-mêle de Dékoa, de Kouki, dans la sous-préfecture de Bossangoa ou encore de Mbrés. Dans toutes ces zones échappant relativement à l’influence des forces étrangères, les groupes armés se livrent aux pires exactions contre les populations civiles.

Pour la présidente de la Centrafrique, ce retour à la violence est un nouveau défi dans un contexte déjà compliqué. A l’issue du sommet de l’UA de fin juin à Malabo, elle s’était poliment fait sermonner par ses pairs de l’Afrique centrale, qui lui reprochaient son manque de vision politique et son refus d’ouvrir sa gouvernance à la communauté musulmane. Dans la foulée, on lui avait suggéré un certain nombre de décisions qu’il lui fallait prendre dès son retour au pays. Mais elle n’en a pas eu le temps.

Après avoir brièvement fait miroiter l’espoir de la signature d’une sorte de protocole d’entente, anti-Balaka et ex-Séléka, nullement impressionnés par l’annonce de la venue du ministre français de la défense, ont repris les armes. La situation est d’autant plus délicate pour la présidente centrafricaine, que la France même ne semple plus lui accorder toute sa confiance. En tout cas, si l’on se fie aux propos que Jean-Yves Le Drian a tenus hier, avant de prendre son avion pour Bangui.

Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info   

Recherche

Suivez-nous

GUINEE: Petit KANDIA "Birin Moulan"



  • Le célèbre chroniqueur est au cœur d’un bras de fer avec Mamadou Blaise Sangaré, conseiller spécial du Chef de l'Etat. Votre site avait relayé cette affaire portant sur des propos diffamatoires attribués à Ras Bath. Ce début de semaine mettra aux pr

Annonce