
Très porté sur son propre égo, il a vécu les légitimes aspirations des forces vives centrafricaines à tenir le dialogue dans leur propre pays, comme un affront. Pour lui, c’était d’autant plus inenvisageable de se plier à la volonté des Centrafricains, qu’il est comme dans une sorte de duel à distance avec l’autre homme fort de la région, Idriss Déby Itno. Il est vrai que ce dernier avait convoqué le sommet qui a exigé et obtenu le départ de Michel Djotodia. Devant un tel précédent, la présidence congolaise a dû se dire que ce n’est pas Brazzaville qui sera annulé. Surtout qu’à propos de la même crise centrafricaine, Libreville aussi a eu son sommet !
Alors qu’une dose d’humilité aurait certainement débouché sur une issue élogieuse pour le président congolais, il a préféré faire dans du mimétisme. Et logiquement, il récoltera le même échec que ceux qui ont sanctionné les précédents sommets. En réalité, Brazzaville porte en lui-même les germes de cet échec.
En effet, le forum pèche par le fait qu’en préférant exclure certaines composantes importantes de la société centrafricaine, il réduit la crise aux protagonistes que sont les ex-Séléka et les anti-balaka. Les représentants respectifs de ces deux groupes armés apposeront certes leurs signatures au bas du document qui, demain, sanctionnera la rencontre. Pour autant, rien ne laisse présager que les hostilités cesseront pour autant à Bangui et dans les autres villes centrafricaines. Parce qu’on ne sera pas parti du bon diagnostic de la crise pour proposer le remède.
Il est en effet réducteur que de percevoir le problème centrafricain sous le seul prisme des groupes armés. Derrière ces deux acteurs apparents, se nichent notamment les organisations politiques qui manipulent, tout à la fois, la misère ambiante et les clivages ethno-confessionnels, pour que le pays soit ainsi plongé dans le chaos.
Ne pas prendre en compte cette dimension fondamentale de la crise, c’est carrément passer à côté de la plaque. Risque au-devant duquel les organisateurs du forum de Brazzaville ont choisi d’aller, en toute connaissance de cause. Les conséquences d'une attitude sont porteuses d'inquiétude pour l'avenir.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















