
Il est de plus en plus clair que l’objectif que vise Bah Oury, c’est de récupérer ce qu’il considère comme « son bébé ». Comme réalisant qu’il s’était trompé en confiant les rênes de son parti au nouvel arrivant qu’est Cellou Dalein Diallo, il caresse le rêve de rectifier le tir. Surtout que les circonstances politiques aidant, son amertume est décuplée par son éloignement de la Guinée. Pour cela, il met sa légitimité historique dans la balance. Faisant valoir son caractère intransigeant et son côté radical, il compte s’appuyer sur la frange de militants du parti qui reproche à Cellou Dalein Diallo sa mollesse et ses accointances avec le pouvoir en place.
Le congrès de ce week-end et la mise en place d’un nouveau bureau à Paris s’inscrivent dans le cadre de ce lancinant et périlleux processus de récupération du parti. Dans la foulée, Bah Oury pousse le bouchon au point de qualifier la gestion actuelle du parti de « clanique ».
En face, après avoir plus ou moins relativisé le problème Bah Oury, les partisans de Cellou Dalein Diallo commencent véritablement à envisager son exclusion. Mais ayant conscience des conséquences qui pourraient en découler, on s’y prend avec méthode et minutie. Tout d’abord, on le présente comme « le trublion qui s’exclue lui-même du parti ». Le n°1 du parti est le premier qui, de la France où il était récemment, a émis cette hypothèse au lendemain de la mise en place par Bah Oury de l’OREP. La démarche allant à l’encontre des décisions statutaires du parti, le candidat malheureux aux élections présidentielles de 2010, pense que logiquement son vice-président se met en dehors du parti.
Mais c’est au lendemain du congrès de samedi que Fodé Oussou Fofana dévoile la stratégie qui pourrait se mettre en place contre Bah Oury. Selon le président du groupe parlementaire des Démocrates libéraux, « à l’allure où vont les choses, Bah Oury est en train de pousser la direction du parti à l’exclure».
Comme on le voit, la démarche vise à présenter une sanction logique de ses agissements. Agissements qui, eux-mêmes, sont présentés par d’autres comme allant à l’encontre des intérêts du parti.
Serait-ce suffisant pour faire accepter la chute de Bah Oury ?
Pivi BIlivogui pour GuineeConakry.info




















