
N’étant pas particulièrement optimistes quant aux chances de survie des 51 français qui étaient au nombre des passagers, les autorités françaises ont préféré mettre en place des cellules de crise, en vue d’aider les familles à gérer au mieux la situation, quelles que soient les éventualités.
Le crash, une équation à plusieurs inconnues
Côté algérien, on annonce également un climat de tristesse en raison de la mort éventuelle de deux pilotes d’Air Algérie. Mais pour davantage d’information sur le sort des passagers, c’est probablement dans la journée d’aujourd’hui qu’on pourrait disposer des précisions. En effet, hier, en annonçant la découverte de l’épave, les autorités avaient laissé entendre ne pas disposer davantage d’informations pour ce qui est des occupants de l’avion. En attendant ces précisions, ce sont de nombreuses familles à travers le monde qui seront plongées dans l’angoisse liée à l’attente de la moindre information et la déchirure morale liée à la perte éventuelle d’un parent ou un proche.
Mais pour les parents et proches des éventuelles victimes de ce crash, la douleur la plus grande est celle en rapport avec la méconnaissance de la cause réelle de l’accident. Or, en ce moment précis, c’est le flou total. Bien évidemment, la piste la plus évidente est celle relative aux mauvaises conditions météorologiques. C’est du moins la version que mettent en avant les sources burkinabé. De ce côté, on indique que le pilote lui-même, constatant ces mauvaises conditions, auraient demandé à changer de cap. C’est après que l’avion aurait disparu des radars. Côté algérien, la version est légèrement différente. Sans nécessairement ignorer la dimension météorologique, les responsables de la tour de contrôle de l’aéroport d’Alger, eux, disent avoir eux-mêmes, demandé au pilote du vol AH 5017 de changer de cap pour éviter le risque de collision avec un autre vol reliant Alger à Bamako.
Météo ou attentat ?
Question : n’était-il techniquement pas possible d’avoir une idée des conditions climatiques de la zone traversée, avant même le décollage ? Question d’autant plus légitime que le crash semble s’être produit, une trentaine de minutes seulement avant le départ de Ouaga !
Outre cette principale piste météorologique, certains n’écartent pas celle d’un attentat. Cette éventualité, aussi invraisemblable qu’elle puisse paraitre, ne serait cependant pas à proscrire de manière absolue. En effet, les partisans d’une telle hypothèse mettent tout d’abord en avant le fait que la zone de Gao de laquelle relève la localité de Gossi, n’est pas totalement libérée des Jihadistes et des Touaregs maliens.
Naturellement, on ne dispose pas d’informations selon lesquelles les islamistes du septentrion malien auraient en leur possession des armes aussi sophistiquées pouvant abattre des avions en situation de vol. Mais quand on sait que les islamistes sont friands de symboles, on ne saurait, ne pas voir le lien éventuel entre la date du crash (le jour de Laylatoul Qadr) et ce dernier. On sait en effet que cette nuit dite du destin, est celle où les « bonnes œuvres » des fidèles musulmans valent plus 1000 mois de pratique ordinaire. Après l’attentat qui, le 14 juillet dernier, avait coûté la vie au neuvième soldat de l’opération Serval, les Djihadistes auraient-ils vu dans le crash de cet avion, une autre occasion de faire regretter à la France son intervention dans le nord du Mali ?
Pour le moment, il n’y a aucune revendication certes. Mais il ne faut minimiser aucune piste. Surtout quand on sait que les terroristes pouvaient bien également être parmi les passagers.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















