
A chacun sa vérité, à chacun son camp, à chacun son camp. Tout risque de n’être que ritournelles entre les accusateurs du Bureau de la Procureure Fatou Bensouda qui voient Gbagbo-Blé Goudé, des aventuriers du pouvoir, perdants qui ont voulu confisquer le pouvoir après une cuisante défaite électorale en 2010. Tandis que les défenseurs, ne voient en Alassane Ouattara et Guillaume Soro que deux complices qui, comme des vautours, avec la bénédiction de la France de Nicolas Sarkozy, ont fait main basse par la force sur la Côte d’ Ivoire et ses richesses. Donc, un coup d’Etat contre un président régulièrement élu.
L’entrée en scène ce mardi 2 février, de Charles Blé Goudé s’est faite dans le droit fil de cette vision des choses. L’ancien ministre de la jeunesse de Laurent Gbagbo s’est appliqué à démontrer qu’il était loin du loup qu’on présentait, qu’il n’était pas non plus ce violent, cette brute qui adorait les manifs de rue comme d’autres aiment les fêtes. « Je ne suis responsable d’aune goutte de sang versé (…) Je ne suis pas un homme de guerre. J’appelle à la réconciliation (…) Qu’on me juge sur ce que j’ai fait et non sur les commentaires ! » a-t-il lancé.
Ce que son avocat confirme en déclarant « C’est un homme de justice (…) Un homme qui a cherché à réunifier son peuple et à lancer des appels au dialogue, un homme qui tout au long de sa vie s’est battu pour le respect de la loi, la loi et l’ordre…». Blé Goudé qui sait qu’il pourrait être condamné à 30 ans de réclusion, ne badine donc pas avec son argumentaire, il se refuse d’être jeté en prison comme un vulgaire bandit, alors que lui, se voit porteur des valeurs de défense patriotiques face à ce coup de force de la FrançAfrique conquérante sous la houlette du président Sarkozy.
Ce jeu de ping-pong dans lequel s’est engagée, la Communauté internationale, pour les trois ou quatre prochaines années, finira dans la monotonie des discours ou la relativité des preuves, pendant que le procès s’enfoncera inexorablement, aux yeux de l’opinion universelle, comme une CPI en justice à géométrie variable. La réconciliation ivoirienne se cherchera encore !
Maria de BABIA pour GCI
© 2016 GuineeConakry.Info




















