CPI : Jean-Pierre Bemba condamné

Ce 21 juin 2017 ne sera point ‘’Fête de la musique’’ pour Jean-Pierre Bemba, le sénateur-prisonnier congolais, dont le verdict est paradoxalement tombé en ce jour célébré à travers le monde, comme moment d’allégresse. La Cour pénale internationale, CPI, en le condamnant à 18 ans de prison ferme pour « crimes contre l’humanité et crimes de guerre », montre véritablement sa volonté de mettre fin à l’impunité partout, mais surtout chez les hommes d’état dont les responsabilités les engagent pour un meilleur leadership.

Ce procès qui a débuté, il y a plus de cinq ans, est la suite logique du drame vécu par les populations centrafricaines entre 2002 et 2003, lorsque les milices de Jean-Pierre Bemba faisaient régner la terreur au nom de l’accord avec l’ancien président Ange Félix Patassé en difficultés politico-militaires dans son propre pays, et qui avait fini par appeler au secours les troupes alliées de l’ancien vice-président de la RDC, les miliciens du Mouvement pour la libération du Congo (MLC) dont la cruauté légendaire était connue de toute l’Afrique centrale.

Pertinentes enquêtes

Cette ‘’invasion’’ des hommes de Bemba va se révéler dévastatrice sur tous les plans. Les exécutions arbitraires, les vols à mains armées, les pillages systématiques vont être érigés en mécanisme répressif sans précédent. Ces actes d’une violence abjecte étaient, pour la plupart, selon les magistrates étaient le «modus operandi » de l’armée de Jean-Pierre Bemba et « les multiples viols et meurtres commis par les soldats du MLC (…) n’étaient pas de simples actes isolés ou fortuits. » Selon leurs pertinentes analyses, rien n’était le fruit du hasard, tout était fait soit pour se venger, se faire payer, ou assouvir sa libido impunément, éhontément. Le viol est ainsi utilisé consciemment comme une redoutable arme de guerre contre les forces adverses.

A l’issue de ce long procès, la culpabilité de JP Bemba a été établie, car sa responsabilité dans la chaîne de commandement a été démonté et les preuves apportées de son implication quasi directe dans les ordres donnés et leur exécutions par les troupes à la base. Cependant, l’on peut vraiment regretter que l’ancien procureur de la CPI, Luis Moreno Ocampo, n’ait focalisé ses enquêtes que sur Jean-Pierre Bemba, qui après tout, est loin d’avoir été le seul à avoir organisé et commis toutes les violations des droits humains sur le terrain. Loin de le disculper, il aussi honnête de dire ce qui est.

Et après ?

Les avocats de JP Bemba qui ne sont satisfait que la CPI n’ait retenu dans le verdict, « aucune circonstance atténuante » pour leur client vont interjeter appel, avec l’espoir que la Cour aura la bienveillance de se pencher avec un peu plus « d’attention » sur leur cas. Surtout que d’autres rendez-vous l’attendent encore les hommes de loi. Après les terribles moments évoquant les folles campagnes centrafricaines des miliciens du MLC, voilà le temps de dépouiller les magouilles dont est accusé JP Bemba.

Maria de BABIA pour GCI

© 2016 GuineeConakry.Info

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