
Il est vrai que lors des audiences de confirmation des charges qui pèsent sur lui, Laurent Gbagbo est apparu en forme et plein de détermination. Lui et ses partisans voient dans le procès qui devrait s’ouvrir au mois de juillet prochain, l’occasion de mettre à nu les agissements peu orthodoxes de la communauté internationale. Se disant victime d’une machination savamment orchestrée, Laurent Gbagbo est décidé à faire le grand déballage. C’est en tout cas, ce qu’il fait dire par le biais de certains de ceux qui lui sont encore fidèles. Il espère donc qu’il sortira blanchi du procès. A moins que, craignant de voir leurs secrets étalés sur la place publique, quelques acteurs de la fameuse crise postélectorale en Côte d’Ivoire décident d’une issue qui arrange tout le monde. Il est même possible que ce soit justement ce que cherche Laurent Gbagbo en agitant le spectre des grandes révélations.
On en déduit qu’en dépit des positions élevées et des responsabilités suprêmes qui ont été celles de Laurent Gbagbo, il demeure victime d’une certaine ‘’naïveté’’. S’imagine-t-il encore en mesure de lutter contre ses adversaires ? Ne devrait-il pas réaliser que sa capture et son transfèrement à La Haye, en soi, constituent la preuve de son échec ? Il peut toujours parler et faire de grandes révélations. Les médias s’en feront l’écho et le contenu de ses livres continueront à nourrir le débat. Mais il devrait mettre un terme à son rêve de sortir vainqueur du procès qui l’attend. Parce qu’au-delà du rôle que tel ou tel autre acteur a joué et de la responsabilité des uns et des autres, quelques 3000 Ivoiriens avaient effectivement perdu la vie. Naturellement, on continuera à pointer l’attitude partiale d’Alassane Ouattara et de la justice internationale, mais il ne sera pas évident d’absoudre toute responsabilité de Laurent Gbagbo lui-même ! La question qui guide les juges de la CPI, n’est pas celle de savoir si Laurent Gbagbo était le vainqueur ou non des élections. Ils cherchent plutôt à savoir si l’ancien président a fait ou dit quelque chose qui a coûté la vie à des Ivoiriens. Vu sous cet angle, l’intéressé lui-même pourrait avoir du mal à se déclarer innocent.
Au lieu de se préoccuper de la gestion du FPI, Laurent Gbagbo devrait donc concentrer ses efforts sur le procès qui arrive à grands pas. Il devrait apprendre à tourner la page. Faisant preuve de courage et de sérénité, mais agissant par réalisme, ses partisans devraient en faire autant. Autrement, ils pourraient ruiner le maigre héritage que leur laisse leur idole.
Boubacar Sanso BARRY pour GCI
© 2014 GuineeConakry.info




















