COTE D’IVOIRE: Ouattara veut une université nouvelle

Avec l’ouverture hier des universités ivoiriennes, c’est un des grands chantiers du quinquennat d’Alassane Ouattara qui vient de commencer. Au même titre que le défi sécuritaire et le challenge de la relance économique, l’éducation ivoirienne avait un grand besoin de ce coup de lifting. Le nouveau pouvoir semble l’avoir bien compris. Il a ainsi décidé de conférer à l’entrée de cette année toute l’envergure nécessaire. Au-delà du battage médiatique, il y a eu un gros investissement destiné à remettre sur pied des infrastructures vieillissantes et pour adapter les programmes aux ambitions du moment et du futur. Très clairement, le nouveau président ivoirien dit vouloir user de la réforme de l’éducation pour bâtir le nouveau type ivoirien. Ces objectifs sont bien évidemment appréciés par l’ensemble de ses compatriotes, à condition bien sûr qu’ils ne servent pas de prétexte pour forger une pensée unique, en lieu et place du bouillonnement d’idées dont les campus ivoiriens ont souvent été porteurs... 0:37 4-9-2012

A l’image de l’incertitude politique dans laquelle a baigné la Côte d’Ivoire au cours de la dernière décennie, l’école ivoirienne était devenue déliquescente. Elle n’était plus que l’ombre d’elle-même. Ne s’y retrouvaient que ceux qui y voyaient un laboratoire d’expérimentation des carrières politiques, ou de délinquants endurcis que les familles ne savaient plus quoi en faire.

Il en était ainsi parce que les différents acteurs politiques estimaient implicitement qu’ils avaient là, de fait, à disposition des milices qui pouvaient servir au besoin. C’est ainsi que la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) en était arrivée à devenir davantage un instrument politique qu’une structure de défense des intérêts des étudiants. Guillaume Soro et Charles Blé Goudé n’en sont que les produits les plus éloquents. Par leurs natures et la complexité de leurs différents chemins, voire destins. Sur le plan des études, les programmes étaient aussi caducs. Les infrastructures délabrées et en ruine. Mais personne n’y avait vu aucun danger.

Alassane Ouattara ne voit manifestement pas les choses ainsi. Il souhaite que les universités ivoiriennes reviennent à leurs missions de base. A savoir former des hommes et des femmes susceptibles de prendre en charge le développement du pays. Pour cela, une part importante de 110 milliards de FCFA qu’il a mis à disposition devra servir à repenser le programme et à l’adapter au contexte scientifique et technique du moment.

Il faut qu’au plus vite, la Côte d’Ivoire rattrape le retard qui est le sien en la matière. Pour cela, les autorités de l’éducation n’hésitent pas à aller à la chasse d’enseignants. Car, vu la déstructuration dans laquelle le pays avait fini par s’installer l’ensemble du pays, beaucoup avaient d’enseignants choisi de s’en aller. D’autres qui avaient, un temps, caressé le rêve de revenir servir le pays, avaient finalement mis un trait dessus. La seconde partie de la grosse enveloppe débloquée par Alassane Ouattara devait aider à rebâtir les infrastructures.

Mais l’Etat ivoirien n’est pas le seul à supporter les coûts de ce nouveau départ. Les étudiants et leurs familles, eux-mêmes, ont du mettre la main à la poche. Il s’agit notamment de l’augmentation des frais d’inscription. Le gouvernement a même été contraint de céder à la protestation et à revenir à des proportions plus acceptables.

Une autre contribution qui est demandée aux nouveaux étudiants ivoiriens, c’est la renonciation à la violence au sein des campus. Alassane Ouattara en fait "un objectif prioritaire". Selon sa vision, au-delà des savoirs académiques, la nouvelle école ivoirienne a pour vocation d’inculquer au futur cadre des valeurs sociales et morales permettant qu’il puisse contribuer à la cohésion nationale et à la coexistence pacifique.

A ce niveau, on a l’impression que le nouveau pouvoir se fixe pour objectif de dépolitiser le milieu estudiantin. Objectif plutôt utopique. D’autres observateurs y voient même la volonté du nouveau pouvoir de reprendre la place que le FPI avait occupée dans les années 90 dans les cœurs des étudiants. 

Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info

Recherche

Suivez-nous

GUINEE: Petit KANDIA "Birin Moulan"



  • Le célèbre chroniqueur est au cœur d’un bras de fer avec Mamadou Blaise Sangaré, conseiller spécial du Chef de l'Etat. Votre site avait relayé cette affaire portant sur des propos diffamatoires attribués à Ras Bath. Ce début de semaine mettra aux pr

Annonce