
Un stade Félix Houphouët-Boigny plein à craquer. Des footballeurs particulièrement ventripotents. De tout-puissants membres de gouvernement devenus subitement, tout à la fois, des stars du moment et des individus tout ordinaires.
Un jeu en-dessous de la moyenne. Voilà le spectacle que la Côte d’Ivoire a donné d’elle-même hier soir. Devant le président Alhassane Ouattara qu’on pouvait facilement assimiler au coach, au regard de son survêtement de couleur orange, les membres du gouvernement de Guillaume Soro et ceux de la Fédération ivoirienne de football ont livré un spectacle époustouflant.
Bien entendu, il était facile d’imaginer que certains des protagonistes avaient passé plusieurs hivernages sans toucher au cuir rond. Mais en même temps, à l’image de Guillaume Soro qui aura démontré qu’il n’a pas usurpé son brassard de capitaine en politique, on pouvait aisément deviner que certains par contre, avaient été de brillants footballeurs par le passé.
Mais l’intérêt de cette rencontre était certainement ailleurs. Les deux buts sur lesquels les deux équipes se sont quittées étaient infiniment dérisoires, comparés à la joie que de milliers d’Ivoiriens ont éprouvée, en voyant leurs premiers responsables s’affronter et mouiller les maillots sur la pelouse. C’était plutôt original et ... sympathique.
Pour une fois, on avait décidé de rompre avec la rigueur administrative et toute la rationalité qui va avec. Les technocrates et autres cadres de haut niveau avaient consenti à regouter à l’émotion que tout footballeur, une fois sur la pelouse verte, et acclamé par de milliers de fans, éprouve au tréfond de lui-même. Mais ce n’était pas pour le simple plaisir de se dégourdir les jambes, que vestes et cravates avaient été troquées au profit de ces maillots et shorts particulièrement serrés!
Les autorités entendaient par cette initiative, réconcilier l’ensemble du pays avec son passé joyeux et festif. Il est vrai qu’avant que la crise n’a éclaté dans ce pays qu'à la fin des années 90. Les Ivoiriens se distinguaient par un humour débordant et un esprit particulièrement positif. Des caractères que le gouvernement a voulu faire renaître, en se servant du sport-roi. Comme pour inviter la Côte d’Ivoire à rompre avec son passé récent, afin de se replonger et se reconnecter avec un autre passé à la fois plus lointain et autrement plus glorieux.
Un cheminement psycho-mental qui pourrait faciliter le processus de réconciliation nationale. Bravo!
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















