
Les heurts qui se sont produits en Côte d’Ivoire sont-ils les signes précurseurs d’une crise post-électorale qui ne finit pas de finir ? Ou les derniers soubresauts des inconditionnels de l’ex-président Laurent Gbagbo ?
Des pro Gbagbo et des pro Ouattara
Les affrontements hier, des jeunes Abouré et Dioula de Bonoua, terre de l’ex-première dame de Côte d’Ivoire, ressemblent fort à des règlements de compte entre différents partisans et frères de confessions religieuses différentes. Des pro Gbagbo et des pro Ouattara se sont battus, cognés et blessés, oubliant les 3000 morts de la crise postélectorale de 2010, et tous les autres drames innommables… Seuls les gaz lacrymogènes des policiers ont mis momentanément fin à ce déchainement d’adrénaline aux conséquences désastreuses.
Décidément les avertissements du ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko, lundi dernier, n’auront pas été entendus dans des quartiers fiefs du FPI comme Yopoughon. Il devra certainement revoir sa copie sur la logistique à dégager pour que « ce scrutin soit sécurisé et apaisé ». Ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire hier, serait-il la sonnette d’alarme nécessaire aux autorités ivoiriennes qui semblent dormir sur leurs lauriers économiques ?
Le moment nodal
Certes, les performances économiques d’Alassane Ouattara sont de nature à séduire, voire éblouir plus d’un, mais les fidèles de Gbagbo ne voient point les choses de cette manière. Le scrutin du 25 octobre apparait donc comme le moment nodal pour se libérer des frustrations accumulées.
En tout cas, Alassane Ouattara, ses militants et ses ministres devraient savoir que les hommes du locataire de La Haye, ne se rendront pas aux bureaux de vote comme des bœufs à l’abattoir. La pré-campagne engagée avec fanfaronnade et une certaine arrogance, ne fera que creuser le fossé des frustrations. Le RDPH a tout intérêt à travailler en profondeur dans la modestie, pour engranger la victoire que les observateurs voient dans son escarcelle, tout naturellement !
Cette démarche d’humilité assumée, c’est le secret d’une victoire qui rassurera les uns et les autres, pour des lendemains d’élection sereins.
Maria de BABIA pour GCI
2015-GuineeConakry.Info




















