
Avec les déclarations faites hier par Henri Konan Bédié à Daoukro, le président ivoirien s’ouvre, grand, le boulevard de sa réélection. En venant à bout des doutes et des hésitations du leader du PDCI, il se révèle un grand stratège politique. Naturellement, ce n’est pas qu’Alassane Ouattara était dans une situation désespérée. Son bilan économique milite déjà pour beaucoup en faveur d’un second bail. Mais un soutien aussi assumé que celui de HKB en sa faveur, est un atout supplémentaire, ne serait-ce que du point de vue symbolique.
Il pourrait notamment lui éviter un second tour dont l’issue n’est jamais certaine. En effet, face un FPI en « déconfiture », la nouvelle coalition n’aura pas d’adversaire à sa taille. Tout au contraire, cette nouvelle entente pourrait bien achever le parti de Laurent Gbagbo, déjà agonisant aux yeux de nombreux observateurs. A la limite, c’est le prochain scrutin présidentiel qui, lui-même, sera sans enjeu, ni suspense. Ce qui pourrait de facto lui enlever tout intérêt politique véritable.
Alassane Ouattara ne devrait pas toutefois reposer tous ses espoirs sur les engagements pris par Henri Konan Bédié. Certes, ces derniers sont forts. En principe, il n’y a rien qui laisse présager une marche-arrière du leader du PDCI. Par contre, l’avis de l’ancien président ivoirien n’est pas celui de tout le parti. Au sein de la jeune garde en particulier, beaucoup souhaitent voir leur propre formation présenter son propre candidat. Ils en ont marre de cette stratégie politique qui les contraint de se servir de l’échelle du RDR, pour accéder à certains privilèges. D’autant plus qu’ils sont nombreux à penser qu’Alassane Ouattara n’est pas particulièrement équitable dans le partage du « gâteau du pouvoir », après la bataille.
Par ailleurs, certains membres du PDCI pourraient en vouloir à Henri Konan Bédié pour ce qui s’apparente à une trahison de sa part, eu égard à des prises de position qu’il a faites par le passé. Le président ivoirien a donc intérêt à reprendre son bâton de pèlerin pour aller rassurer cette catégorie de sceptiques. Autrement, sa prochaine victoire pourrait être écornée par un taux d’abstention qui lui enlèverait l’envergure de consensus national de plébicit qu’il ambitionne.
Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info




















