
Si rien n’est entrepris à court et moyen terme, il est évident que nous pourrions regretter bien d’autres amères situations. On ne le soulignera jamais assez, depuis quelques années, nos décideurs agissent toujours en sapeurs pompiers pour circonscrire des conflits dont les sources potentielles sont bien identifiées. Ce qui indique une défaillance notoire de gouvernance. Oui, globalement le personnel de commandement fait souvent fi de la notion de service public. Avec pour conséquence de fréquents impairs.
Pour en revenir donc à la culture de violence qui est progressivement devenue la trame des rapports entre nos administrateurs et leurs administrés, les responsabilités se situent aux deux niveaux. Avec une plus grande part du côté des administrateurs, qui ont pour fonction essentielle de gérer, avec clairvoyance, les affaires de leur sphère territoriale. En plus de cette mission, les pouvoirs publics devraient mettre beaucoup plus l’accent sur l’éducation civique. L’amour de la patrie, le sentiment national et l’appartenance à la communauté, se cultivent par des actes et de comportements quotidiens. Il s’agit ici de la vertu du bon exemple, à montrer par les pouvoirs publics.
On le dit souvent, la Guinée est un pays de paradoxes. A longueur de journée, les thèmes de concorde nationale, de paix et de réconciliation sont clamés à la faveur de meeting, de tournois ou de manifestations de soutien. A y voir de près, ces campagnes n’ont aucune incidence, puisque la culture de violence persiste encore dans nos comportements. Et pourtant nous disposons de tous les garde-fous, à savoir le cadre institutionnel et les mécanismes traditionnels de médiation pour nous préserver de bien des malheurs.
De nature paisible et résigné, par la force des choses, le Guinéen est devenu belliqueux et impulsif. Cette mutation dans le comportement de nos compatriotes trouve, à mon sens, ses origines dans le sentiment de frustration dont sont souvent victimes les paisibles citoyens. A cela, il faut ajouter le manque de recours en cas de violation de leurs droits.
C’est un aspect non négligeable dans la compréhension de la spirale de violence que l’on observe dans maints endroits du pays. Le citoyen, quel que soit son rang social, a besoin d’être sécurisé sur tous les plans. Il mérite protection de l’Etat, nonobstant son obligation de faire face à ses devoirs vis à vis de la puissance publique. Une puissance publique qui s’entend, non pas comme un rouleau compresseur qui écrase tout sur son passage, mais une administration au service de tous les citoyens. A commencer par les plus vulnérables: les enfants, les femmes, les pauvres, les victimes de handicaps, etc. Il ne s'agit pas de pitié ou de générosité, il s'agit d'un devoir de citoyenneté!
On ne peut évoquer la problématique de la culture de violence sans faire cas du rôle des forces de défenses et de sécurité. Cette noble institution a une fonction hautement républicaine. Les efforts devraient être accentués pour consolider la réconciliation de cette frange de notre société avec les citoyens. Comme leur nom l’indique, les forces de défense et de sécurité, ont pour mission d’assurer la sécurité du pays et des citoyens.
En cas de manifestations de rue, il y a des moyens conventionnels appropriés (gaz lacrymogènes, matraques, eau bouillante, balles en caoutchouc, laser, etc.) pour endiguer ces mouvements de foule, sans tuer. Dans cette logique, les bavures ne devraient désormais survenir qu’accidentellement.
Mais pour se faire, tout un programme est à concevoir. Avec une implication participative de tous les acteurs de la vie nationale. A plus d’un titre, nous sommes tous concernés par ce qui arrive à notre pays. Chacun dans son domaine d’activité devrait agir dans le sens de raffermir et consolider la concorde nationale.
Thierno Saïdou Diakité pour GuineeConakry.info




















