CORRESPONDANCE PARTICULIERE : Lettre ouverte au président Alpha Condé

Monsieur le Président, Membre de l’ACAT-France, je constate avec préoccupation que l’ex-gouverneur de Conakry, le commandant Sékou Resco Camara, inculpé par la justice guinéenne le 14 février 2013 dans une instruction ouverte en mai 2012 pour « arrestation illégale, séquestration, coups et blessures volontaires, abus d’autorité, crimes et délits commis dans l’exercice de ses fonctions » pourrait, selon la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), échapper à une telle procédure grâce à une nomination à un poste diplomatique à l’étranger. Un tel procédé constituerait une grave entrave à la procédure judiciaire dans laquelle deux autres hauts gradés de l’armée – le général Nouhou Thiam et le commandant Sidiki Camara – sont formellement inculpés pour torture.

Le 23 octobre 2010, après que le convoi du président de la transition a fait l’objet de jets de pierres au carrefour Concasseur à Ratoma (Conakry), des « Bérets rouges » ont fait une descente. Dix-sept personnes ont été arrêtées puis torturées à l’escadron mobile de la gendarmerie n° 2 d’Hamdallaye, suivant les instructions de ces trois hauts gradés militaires. Les victimes ont été déshabillées puis frappées à tour de rôle sur différentes parties du corps avec des matraques, mais également avec des crosses de fusils. Chacune des victimes a reçu plusieurs centaines de coups. Les hauts gradés cherchaient à savoir qui avait commandité l’attaque.


Le juge d’instruction en charge de l’affaire a adressé des convocations au commandant Cissé de l’escadron mobile de la gendarmerie n° 2 d’Hamdallaye, où les faits de torture auraient été commis, et au commandant Gabriel Tamba Diawara, du camp PM3 de Matam, où les victimes auraient transité après avoir été torturées. Alors que ces mandats ont normalement force de contrainte, ces militaires ne se sont jamais présentés à la justice guinéenne, bloquant ainsi la procédure en cours et le droit à la justice des victimes.


Par conséquent, afin de garantir le bon exercice de la justice dans cette affaire caractéristique de l’usage courant de la torture en Guinée, je vous demande d’intervenir rapidement afin de :

ne proposer aucun poste diplomatique à l’étranger au commandant Sékou Resco Camara ;

veiller à ce que la justice le place sous contrôle judiciaire et lui notifie une interdiction de quitter le territoire ;

veiller à ce que la justice organise rapidement le procès des responsables présumés des actes de torture commis en octobre 2010 ;

garantir la sécurité des victimes et de leurs familles, celle de leurs avocats et du juge d’instruction en charge de l’Affaire des tortures d’octobre 2010.


Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma très haute considération.



Bernard Teyssou

31, Av. des Ruchoux

87100 LIMOGES, France. 

bteyssou@gmail.com 


Copie à : Ambassade de Guinée, 51 rue de la Faisanderie, 75116 Paris ambagui.paris@laposte.net

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