CORRESPONDANCE PARTICULIERE: La Guinée et moi!

Ces lignes, je pourrais bien dire qu’elles sont extraites du "Cahier d’un retour au pays d’origine". Car à la différence d’Aimé Césaire, la Guinée n’est pas le pays où j’ai vu le jour. C’est mon papa qui y est né. Moi je suis née au Sénégal. Et il aura fallu que j’aie mes vingt ans pour que je me rende pour la première fois en Guinée. La décision a été prise suite aux conseils de mon père, qui souhaitait que je puisse alors faire la connaissance de certains de mes parents, mais également en raison de ma volonté de découvrir par moi-même, toutes les richesses notamment naturelles, dont j’ai entendues parler plus d’une fois à propos de ce pays... 21:22 13-9-2011

Et on ne peut pas dire que le sort est contre moi. Car une semaine jour pour jour après mon arrivée à Conakry, je me vois proposer par le papa d’une copine de faire une sortie touristique qui nous conduit à l’intérieur du pays. Autant le dire tout de suite, je ne bénirai jamais assez la chance qui s’offrait alors à moi, mais aussi la personne qui en est l’auteur.

Nous avons très tôt pris le départ, ce samedi 27 août 2011. Le papa à mon amie avait promis de nous conduire dans un domaine à lui, transformé en plantation, situé dans le district de Dioumaya, à Dubréka.

Pour ceux qui connaissent mon Dakar natal, il n’y a aucun mal que je me laisse très tôt impressionner par le nombre d’arbres et la verdure qui jalonnent la route que nous empruntions de Nongo à Kagbélen. Vu que jusqu’au quartier qu’on appelle Sonfonia Gare, on était sur une corniche, on pouvait également de temps en temps apercevoir la mer. Mais le meilleur, il m’attendait dans la plantation de Dioumaya.

En effet, à la vue d’au moins cinq splendides chûtes, descendant les roches d’une espèce de chaine de montagnes, sous lesquelles s’étend le domaine des Soumah, j’ai alors vite oublié la fatigue générée par le difficile parcours d’une piste particulièrement défoncée. Quand le papa de ma copine, transformé pour l’occasion en guide, m’a, au bout du domaine, montré ce fascinant spectacle de la nature, j’étais aux anges. J’étais comblée. Pour la première fois, je voyais des chutes d'eau ! Jusqu’ici, je n’avais fait qu’en entendre parler, comme dans un conte. Mais cette fois, c’était bien réel.

Je distinguais clairement cette espèce de fil d’eau blanchâtre. Et dans les environs de chaque chute, on avait l’impression de voir une diversité de couleurs. Une espèce de faux arc-en-ciel sous le prisme chatoyant des eaux. Quand j’en ai fait la remarque à mon guide, il me dit que c’est dû au reflet des rayons solaires sur la chute. J’ai mis beaucoup temps à admirer tout cela, profitant de l’air pur qu’on pouvait également y respirer.

Le ciel ayant manifestement consenti à nous accorder une chance exceptionnelle, en nous gratifiant d’une journée sans pluies, ma découverte s’est poursuivie alors jusqu’à Boffa. Sur tout le parcours aller et retour, je me suis bien entendu délectée à la vue des chaines de montagnes qui semblaient veiller sur nous. J’ai particulièrement relevé le contraste entre la verdure qui, en Guinée, arpente même les hauts sommets et l’aridité qui caractérise les hauts plateaux au Sénégal.

Au Sénégal pour voir des reliefs et une végétation identiques à ce qu’il m’a été donné de voir ce jour-là, il faut bien se rendre en Casamance. Ce qui m’amène à penser que cette région frontalière des deux pays pourrait bien être fille ou nièce de la Guinée. Le Sénégal pourrait également envier son voisin en raison des nombreux fleuves qu’on y trouve. Sur notre route, nous avons traversé beaucoup de ponts sous lesquels coulaient des rivières et fleuves en crue. Il semble que ce sont là les divers "bras" du grand Konkouré.

Finalement, je ne comprends vraiment pas les problèmes énergétiques auxquels les Guinéens ne semblent pas trouver de solutions. Par contre, j’ai regretté tous les chevaux que je n’aurais manqués pour rien au monde, si la sortie avait eu lieu au Sénégal.

La dernière découverte de cette journée exceptionnelle fut spirituelle avec la rencontre du Père Zacharie Ndjone. Pas uniquement parce que comme moi, il est Sénégalais. Mais surtout par l’enviable contraste entre sa jeunesse et la profondeur et l’étendue de sa culture religieuse. A quoi s’ajoute bien évidemment ses responsabilités d'administrateur d'un séminaire qui s’étend sur un espace de deux hectares, et à superviser la formation de jeunes sénégalais, bissau-guinéens et guinéens confiés à ses soins.

Après tous ces "trophées touristiques" qu’il   m’a été donné de décrocher, j’espère bien avoir le droit de dire qu’en ce samedi 27 août 2011, j’ai passé l’une des plus belles journées de ma vie. Qui osera me contredire ?

Julienne Aminata Sonty Camara, étudiante en vacances en Guinée 

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