
Des assaillants se sont introduits dans le bâtiment, armé de cocktails Molotov et ont incendié les locaux situés dans le 16ème arrondissement de la capitale française. Selon les diplomates congolais à Paris, cités par les médias, les assaillants seraient arrivés à bord d’une Opel Corsa, utilisée comme bélier pour forcer la porte d’entrée. Une fois dans l’enceinte, ces hommes non identifiés ont jeté des cocktails Molotov à l’intérieur du poste de sécurité et sur une voiture garée dans la cour. A l’intérieur du bâtiment, ils ont cassé les vitres, le matériel informatique, les écrans et attisé l’incendie à l’aide de bidons d’essence et le feu s’est propagé alors dans une salle de repos qui se trouve juste au-dessous du bureau du consul congolais. Ce feu a été maîtrisé par les pompiers.
Aux yeux des autorités congolaises qui ont « condamné cette action terroriste avec fermeté », cet acte est l’œuvre d’un groupe très organisé.
En fait, si cette attaque est la plus violente qu’ait subie l’ambassade du Congo en France, elle n’est, cependant, pas la première. En octobre 2015, par exemple, huit personnes avaient fait irruption l’ambassade du Congo à Paris et provoqué des dégradations.
Le gouvernement congolais a, d’ailleurs affirmé, dans une déclaration que des incidents antérieurs ont fait l’objet des signalements répétés auprès des autorités françaises. C’est pourquoi, une série d’interrogations taraudent, sur fond d’étonnement, les esprits de nombre d’observateurs sur l’attitude de la France face à cette attaque dont tous les éléments démontrent qu’elle est de nature criminelle, donc terroriste. Nul doute que cet acte aurait été qualifié de « terroriste » si cette attaque était menée contre l’ambassade de France à Brazzaville.
La première interrogation porte sur l’usage que la France fait des dispositions pertinentes de la Convention de Vienne, du 18 avril 1961 qui fait obligation à l’Etat accréditaire d’assurer la sécurité des locaux diplomatiques (article 22). C’est sur cette base que le secrétaire général du ministère congolais des Affaires étrangères a convoqué le chargé d’affaires de l’ambassade de France au Congo pour lui signifier la contestation du Congo, avant d’exiger « que des mesures adéquates soient prises pour assurer la sécurité de tous les services diplomatiques congolais installés en France ».
Le deuxième point d’étonnement est que l’attaque contre l’ambassade du Congo à Paris, se passe en plein Euro 2016, qui se déroule lui-même dans un pays sous état d’urgence depuis novembre 2015. Pendant cette période, en effet, la France a déployé de puissants moyens contre la criminalité, contre le terrorisme et le plan Vigipirate a été renforcé. Et face aux « signalements répétés » d’actes de violence à l’ambassade du Congo en France, celle-ci devait être un point sensible qui ne devait pas manquer de bénéficier d’une attention particulière des forces de sécurité françaises.
Cela suppose que l’acte criminel qui s’est produit à l’ambassade du Congo en France n’aurait pas pu être commis.
Comme si ces interrogations avaient trouvé de réponses, TV5 a donné la parole à une personne qui doit visiblement être complice – et peut-être – co-auteur de l’attaque contre l’ambassade du Congo à Paris. Le 22 juin, en effet, dans la soirée au cours de son émission 64 minutes, cette chaîne française a montré aux yeux du monde, un jeune Congolais qui n’a rien fait d’autre que l'apologie du terrorisme contre le Congo. Si ces propos étaient prononcés par l’humoriste Dieudonné, ils auraient créé l’émoi dans son pays et, peut-être, des poursuites contre lui, parce qu’il s’agit d’une revendication de cet attentat.
La police française qui dit avoir ouvert une enquête sur l’attentat contre l’ambassade du Congo sur le territoire français, n’a visiblement pas entendu cette revendication. Elle aurait pu le cueillir au sortir du studio de TV5. Ce ‘’deux poids deux mesures’’ dans la classification des faits terroristes ne peut pas passer inaperçu.
Sans doute que toutes les interrogations trouvent leur réponse dans l’étonnante réaction du ministère français des Affaires étrangères à la suite de l’attentat contre l’ambassade du Congo. Personne ne peut comprendre la relation que le Quai d’Orsay a établie entre un acte criminel visiblement prémédité et les libertés politiques au Congo. Car, dans sa réaction citée par RFI, le 21 juin dernier, le ministère français des Affaires étrangère fait un glissement à la fois étonnant et incompréhensible suite à « la situation politique au Congo » qu’il dit suivre avec attention, comme si cette attaque s’est produite à Brazzaville.
Le Quai d’Orsay donne à penser, à travers sa réaction hors sujet, qu’il a visiblement déjà trouvé les auteurs de l’attentat contre l’ambassade congolaise. Sont-ils proches de Jean-Marie Michel Mokoko qui est poursuivi au Congo, pour atteinte à la sureté intérieure de l’Etat et détention illégale d’armes et munitions de guerre ? Si non, pourquoi et comment le Quai d’Orsay est-il parvenu à, évoquer son fameux attachement à la préservation des libertés et le « sort » de Jean-Marie Michel Mokoko ?
En attendant d’avoir des réponses à ces questions il est une obligation à laquelle la France n’a pas le droit de se dérober, à savoir les dispositions de la Convention de Vienne du 18 avril 1961, qui stipule en son article 22, point 2 : « L’Etat accréditaire a l’obligation spéciale de prendre toutes mesures appropriées afin d’empêcher que les locaux de la mission ne soient envahis ou endommagés, la paix de la mission troublée ou sa dignité amoindrie».
MIATOLOKA Boryce Agapyth pour GCI
Correspondant particulier au Congo Brazza
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