CORRESPONDANCE PARTICULIERE : A la recherche d’un idéal démocratique

C’est l’histoire d’un peuple aux rêves hantés par le cauchemar de la malédiction éternelle, dont l’âme est immaculée de l’espoir d’un jour illuminé de soleil. La lueur de l’obsession d’un avenir radieux, une lueur qui viendra éclairer ce couloir silencieux qui depuis, toujours baigne dans des ténèbres abyssales. C’est le récit d’un peuple au parcours jalonné d’utopie, de folie et de mélancolie, c’est surtout celui d’une nation frappée par le syndrome du perpétuel recommencement. Où l’on tourne la page de l’histoire avec une déconcertante indifférence.

« Le bonheur est insensé, mais le chagrin est inexcusable »

pensait  Anaïs Nin. 

Au cours de ce périple interminable, de cette éternelle agonie jonchée de balbutiements, ce peuple s’est nourri d’un suffoquant espoir. S’il fallait définir la Guinée, cette définition-là est celle qui sied le mieux à mes yeux, est celle d’un peuple au passé glorieux et douloureux et à l’avenir prometteur mais… incertain !

Le devoir de mémoire a une portée dissuasive dans l’inconscient collectif des peuples aspirant à la réhabilitation. Nous sommes l’alpha et l’oméga du singularisme en tout genre, prisonnier de notre propre identité nationale et historique. Marqué par plus de cinquante-six piges d’errance, au cours desquelles nous avons expérimenté nos échecs inavoués de la construction d’une entité, d’une nation où il fera bon vivre.

Se servir du passé pour avancer

Une nation dans l’imaginaire de Martin Luther King, un peuple melting pot, où la primauté de la capacité intrinsèque prendra le dessus sur celle de la primauté ethnique et raciale. Une nation où les hommes et les femmes seront jugés, non pas par ce qu’ils sont mais par leurs faits. Un pays où l’on ne jettera pas l’anathème sur une communauté ou une autre en conséquence des méfaits de quelques individus ou minorités. Un pays où la liberté d’expression sera consacrée et effective.

Le constat

En plus de cinquante-six années de notre trouble existence comme Etat, la sentence est sans appel : nous sommes réduits à constater que nous en sommes encore à l’abc du développement et de la démocratie. Marqués par des gouvernances successives  au leadership obsolète, aléatoire et empirique, où la démagogie et le culte de la personnalité sont ancrés dans les entrailles du système. Ainsi inhibés de toute perspective, de toute vision, le peuple a été livré à des marchands d’illusions qui non pour seul projet de société que l’ethno-stratégie et le repli identitaire.

 Un échec africain

Mais dans une lecture plus  globale, plus de cinq décennies après ‘’les soleils des indépendances’’, dans l’opinion publique du continent le temps semble quelques fois s’être arrêté et les ressentiments figés. On entendrait presque par échos cette tranchante vérité de Monenenbo « eux qui auraient dû être la solution, ils ne l’étaient en rien, c’est plutôt eux le problème, à la lumière de la vérité ». 
De notre beau et magnifique pays, au pays des hommes intègres en passant par celui du ‘’vieux’’ Houphouët et sur la presque totalité du continent, l’évidence saute aux yeux. Nous sommes depuis plus de 54 ans plongés dans le cycle infernal d’un perpétuel recommencement, où les semblants de démocraties se construisent sur du sable mouvant, pour ensuite s’écrouler comme des châteaux de cartes ! Nous sommes encore réduits à porter nos espoirs de liberté et de justice sur nos grandes muettes, comme c’était déjà le cas dans les ‘’après indépendances’’. 

Vers la dérive

Notre pays en tant qu’un des pionniers de la lutte pour la liberté des peuples noirs à disposer d’eux-mêmes sans contrainte, est en réalité à la dérive sociale, politique, culturelle, économique, à la dérive en somme. Et comme le malheur ne vient jamais seul et survint Ebola ! D’autres vous diront que c’est le symbole d’une ‘’malédiction divine’’. Ils ont peut-être leur raison. Mais en ce qui me concerne j’appellerai ça, le symbole de l’inexistence d’un Etat fonctionnel, on pas besoin de calamités qui causent des pertes en vies humaines de nos compatriotes pour se développer, mais de sérénité et de paix pour réfléchir et mettre en œuvre des stratégies de développement.

L’apparition d’une épidémie est le symbole de la défaillance ou de l’inexistence d’un système sanitaire adéquat, efficace et moderne. Nous avons les moyens et les opportunités de mettre en place un tel système mais c’est soit un manque de volonté politique, ou nos ressources sont soient utilisés à mauvais escient.

Dans des pays où il y'a un véritable système sanitaire, la probabilité de manifestation d’une épidémie est assez faible. C’est d’ailleurs ce que nous confiait claire Hedon de Rfi animatrice de l’émission ‘’Priorité santé’’, lors de sa récente visite en Guinée « nous sommes presque certains qu’il il ya très peu de chance qu’une épidémie de ce genre se manifeste en France… » Et cela est confirmé par les spécialistes.

Bachiratou Camara pour  GCI
2015 – GuineeConakry.Info

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