

L’ambassadeur du Japon a préféré affronter toutes ces contraintes de la route, juste pour évaluer les activités de santé maternelle et infantile, et d’observer le projet de l’éducation intitulé « Initiative de Mise en œuvre accéléré de l’éducation (Fast Track Initiative) ». La visite de SE Naotsugu Nakano s’inscrivait dans le cadre de la réalisation du programme de coopération liant le gouvernement guinéen à l’Unicef, ayant bénéficié de l’appui financier du Japon.
Le diplomate nippon tenait à constater de visu que le financement japonais pour l’achat des kits d’accouchement et des kits césarienne est utilisé correctement et dans quelle mesure ces équipements ont contribué à améliorer la prise en charge des femmes enceintes et des enfants.
Il faut dire qu’à Tondon, ces kits sont arrivés à point nommé. Même s’il est
vrai que malgré la présence d’une moto-ambulance au service du centre de santé
de la localité, des femmes perdent encore la vie avant d’atteindre l’hôpital
central de Dubréka, qu’elles n'atteignent qu'au bout de mille et une peines. Ici
l’unique médecin, les deux agents techniques de santé, les trois accoucheuses
villageoises et les 2 matrones utilisent avec une aisance pratique les kits
d’accouchement. La preuve en a été faite avec la démonstration de Bountou Sylla,
une accoucheuse villageoise de 55 ans, qui a expliqué le rôle de tous les
éléments du kit d’accouchement. Tout comme le frigo solaire, don du peuple
japonais, qui est effectivement opérationnel.
Seul problème, c’est que le bloc opératoire de la localité qui, faute d’équipements
appropriés, n’est pas fonctionnel. A cela s’ajoute le fait que le personnel du
centre de santé ne sait pas utiliser la trousse de réanimation, et est encore
obligé de se référer à Dubréka pour des cas d’urgence chirurgicale. Conséquence, on ne fait pas de transfusion sanguine encore dans ce centre. De même, pour le programme élargi de vaccination, les agents se contentent de la stratégie fixe, faute de moyens de déplacement pour les stratégies avancées, qui exigent d'être dotés en motos.
A l’issue de la visite du centre de santé, l’ambassadeur s’est rendu compte
également compte que les murs ont besoin d’un coup de pinceau, et qu’un certain
effort devrait être fourni pour extraire l’eau potable du forage construit dans
l’enceinte de la cour, en vue d'approvisionner un imposant château d’eau bâti
pour donner de l’eau courante aux différents compartiments de l'établissement.
Le chef du centre de santé de Tondon, Mamadouba Sylla, le sous préfet de Tondon,
Sékou Kouyaté et le maire de la Commune rural, Ibrahima Sory Diakité, se sont
tour à tour réjouis de l’apport important du gouvernement nippon dans
l’amélioration de la santé des populations de la localité en général et des femmes en particulier. Ils ont émis le souhait que l’ambassadeur du Japon se rende souvent à Tondon pour toucher du doigt les difficultés qu’ils endurent. Notamment dans les stratégies avancées de vaccination, et la prise en charge des femmes à risque et des enfants.
L’ambassadeur s’est dit touché par l’accueil des populations de Tondon qui, selon lui, malgré la distance géographique entre le Japon et la Guinée, viennent de prouver la proximité entre les peuples japonais et guinéens.
Le secrétaire général chargé des collectivités décentralisées, Naby Camara a
exhorté le personnel du centre de santé de Tondon a utilisé ces kits mis à leur
disposition par l’UNICEF. Mais avant de se rendre à Tondon, l’ambassadeur du Japon en Guinée et sa suite ont tout d’abord fait escale à l’hôpital central de Dubréka, où il a observé des kits d’accouchement et des kits césarienne offerts par le Japon. Ces kits servent pour les femmes avec accouchements à risque de Dubréka et environs.
Selon le Directeur de l’hôpital, El Mohamed Diahaby, 144 kits césariennes sont disponibles dans les magasins, soit pour les besoins de 6 à 7 mois. Puisqu’avec qu’avec la gratuité de la césarienne, l’hôpital reçoit et opère, aux dires du Directeur, une moyenne de 20 femmes tous les mois.
Mais avant la rupture de ce stock, le chef de district sanitaire de Dubréka,
Mohamed Bachily, a révélé que l’Etat guinéen vient de débloquer un montant total
de 52 milliards pour doter l’ensemble des structures de santé de Guinée afin de
rendre, comme l’a promis le chef de l’Etat, la césarienne effectivement gratuite.
Le problèmes d'équipements et de logistiques sont évidents à l’hôpital de Dubréka: manque de matériels pour la transfusion sanguine, pas d'’eau courante, pas de véhicules, pas d'ambulance, etc.
L’ambassadeur a tout de même noté l’environnement sain de l’hôpital de Dubréka et a encouragé le personnel à persévérer dans la même logique, pour assurer un mieux-être aux populations.
Kerfalla Kourouma pour GuineeConakry.info




















