
Ce que beaucoup dénoncent après l’adoption de cette réforme constitutionnelle, c’est le retard mis pour ce faire. Environ cinq ans pour revenir à la case départ, celle de 1996 qui consacrait déjà la plupart des éléments démocratiques contenus dans le texte, notamment la limitation du mandat présidentiel à deux. Les 2 votes contre, les 16 abstentions sur les 499 députés, paraissent tout simplement anecdotiques face au raz de marée de membres de l’establishment.
Cependant, les remous provoqués dans l’opinion publique, écumée par la diaspora algérienne qui se sent pratiquement exclue de la vie politique ou administrative nationale, avec le fameux article 51 qui proclame sans ambages : « la nationalité algérienne exclusive est requise pour l’accès aux hautes responsabilités de l’Etat et aux fonctions politiques ».
Ce qui se passe aujourd’hui ressemble à l’exhumation des frustrations issues de leur « printemps arabe », confisqué en son temps par le président Bouteflika, puis qui, sentant la vieillesse venir, et la sénilité le ruiner, décide enfin de lâcher faussement les brides, en faisant voter cette réforme de la constitution, pour perpétuer par ses héritiers complices, sa main mise pour longtemps encore sur la vie politique du pays. Même la reconnaissance de la langue berbère comme langue officielle, ne calme pas la contestation.
C’est ainsi que pour l’a ancien ministre et membre de l’Instance de coordination et de suivi de l’opposition (ICSO), M. Abdelaziz Rahabi, cette constitution réformée n’est pas une promesse réalisée, mais, « une réaction après ce qui s’était passé en Tunisie.» Il s’agissait, pour le président algérien de freiner toutes les velléités révolutionnaires pour conserver le pouvoir en toute intelligence avec ses affidés. Pour atteindre cet objectif politique, le pouvoir fera preuve de générosité envers les secteurs sociaux et les forces vives du pays.
La manne pétrolière aidant, Boutef qui est à son quatrième quinquennat, a pu esquiver la tempête sociale et garder le gouvernail, malgré son état de santé déliquescent. Mais aujourd’hui que le pays vit une atmosphère délétère de fin de règne, aujourd’hui que le prix du pétrole dégringole, il faudra au pays, plus qu’un vernis démocratique pour traverser les difficultés qui s’amoncellent sur la route du renouveau républicain.
Maria de BABIA pour GCI
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