
Au moins cent cinquante morts, jusqu’à 1500 blessés, des maisons effondrées, des toits arrachés, des murs éventrés, des fenêtres soufflées, etc. Il semble que la cause soit liée à un incendie accidentellement provoqué dans un dépôt de munitions. Et au rythme de la progression du feu, des explosions se sont faites entendre à des intervalles réguliers..
Hier dimanche, entre 8 heures et 11 heures (heure locale), de fortes explosions ont retenti à Brazzaville. Provenant d’un dépôt de munitions dans l’enceinte du camp militaire de Mpila, les déflagrations étaient si fortes qu’elles ont été entendues de l’autre côté du fleuve Congo, à Kinshasa, en RDC.
Les hôpitaux de la ville ayant été vite débordés, des blessés qui avaient la chance de se voir pris en charge par des médecins, étaient soignés à même le sol. Quant à ceux qui ont été miraculeusement épargnés, ce n’est guère un jour ordinaire. En effet, les détonations avaient provoqué une panique généralisée dans toute la ville. Il faut dire qu’il y a une dizaine d’années, la capitale du Congo était plongée dans une guerre sans merci que se livraient les différentes milices qui se répartissaient la ville. Pour la population brazzavilloise, c’est là un antécédent qui ne prédispose pas à la sérénité. Mais jamais même ces bombardement n'avaient atteint une telle gravité simultanée.
Dans ce drame, la responsabilité des autorités au plus sommet est plus qu’interpellée. En effet, à l’image de ce qui s’était passé en mars 2001 dans le camp Alpha Yaya Diallo de Conakry, et qui avait entraîné la mort d’une quarantaine de personnes, cette série d’explosions ramène la question de la conservation de ces armes dans les capitales africaines dans le débat socio-politique. Il est vrai que le bon sens aurait du faire comprendre que prendre le risque inconsidéré d’entreposer de si destructrices armes dans une ville regorgeant de millions d’âmes, était d'une gravissime méprise.
En plus, un certain laxisme et une absence notoire de prévisibilité font que, les autorités militaires laissent les populations habiter jusqu’aux environs immédiats des camps dans lesquels ces armes sont entreposées. Et c’est en cela qu’on ne peut saluer la décision du nouveau président guinéen de délocaliser à l’intérieur du pays, en zone sécurisée, l’essentiel des armes dont la présence à Conakry constituait un véritable danger pour les populations.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















