
Les opposants congolais en descendant dans la rue veulent, par cette démonstration massive, marquer leur refus de ce référendum qui n’est, à leurs yeux, qu’une gigantesque mascarade dont le but final est d’ouvrir un nouveau boulevard à Sassou-Nguesso, pour une présidence ad vitam aeternam.
A coup de grenades lacrymogènes
Les manifestations ont paralysé Brazzaville, mais les forces de sécurité déployées un peu partout, malgré les nombreuses barricades, ont réussi à empêcher les militants qui voulaient atteindre le palais présidentiel pour exprimer leur ras-le-bol. A coup de grenades lacrymogènes, de tirs à balles réelles, appuyés d’un hélicoptère, les opposants ont été littéralement traqués. Ce qui fait craindre à plusieurs observateurs, un possible embrasement du pays. Mais les autorités congolaises n’en démordent point et passent des messages pour dédramatiser la situation, voire pour la banaliser. « La situation est normale » affirme le gouvernement.
Le porte-parole du gouvernement Thierry Moungalla tranche ainsi sans sourciller : «Il est logique qu’en face la force publique se mette en place pour garantir la tranquillité des citoyens, leur libre circulation et la continuité de l’Etat. Il y a une opposition irresponsable (...) La vie est normale à Brazzaville, de même que la campagne pour le référendum se déroule normalement. Si l’opposition veut organiser des meetings dans ce cadre, elle le peut. En revanche, si elle décide de marcher sur la présidence, la police réagira en conséquence. »
Pendant ce temps, les médias sont quasi muselés, évoquant des pannes techniques indépendantes de leur volonté, pour expliquer la suspension de certaines radios, les difficultés du Net et des réseaux sociaux à la peine, les responsables congolais essaient, en somme, de tromper la galerie. Le déni est utilisé sans ambages et la force est évoquée avec un un naturel inquiétant. Le discours enfile le manteau du mensonge effronté.
La situation qui s’embrase
Brazzaville et Pointe-Noire étaient ce mardi, pratiquement des ‘’villes en surtension, la plupart des citoyens n’ont pas osé s’aventurer dans des villes en ébullition. Les leaders de la plateforme d'opposition de Paul Marie M’Pouele, le Front républicain pour le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique (Frocad), ont continué toute la journée à répéter que leur manifestation était pacifique, mais que leurs militants étaient victimes de la répression systématique des forces de l’ordre, sur les injonctions des autorités gouvernementales. La désobéissance civile est désormais la stratégie de lutte des opposants.
La situation qui s’embrase avec des blessés (et certainement des morts) dont le décompte n’est pas encore fait, est de nature à encourager certains Congolais à l’insurrection populaire, et les zélés du pouvoir à les affronter. Une situation explosive inspirée certainement par l’exemple burkinabé, même si les pays sont différents, le président à Sassou-Nguesso a tout intérêt à comprendre que les aspirations des peuples à la démocratie sont toujours les mêmes, quelles que soient les distances géographiques.
Maria de BABIA pour GCI
2015-GuineeConakry.Info




















