CONFERENCE: Le système éducatif guinéen en débat

Au nombre des chantiers qui se dressent sur la route des nouvelles autorités guinéennes, il y a bien entendu le défi de l’éducation. Un défi dont la taille se laisse tout simplement voir à travers les taux records d’échec qui ont été enregistrés à la faveur de la proclamation des résultats des derniers examens nationaux. Pourtant, de l’avis de certains spécialistes, ce n’est là qu’une partie des lacunes et des failles que comporte le système éducatif guinéen. Sur l’ensemble de ces problèmes, quelques pistes de solution étaient ce samedi 18 février 2011 au centre d’une conférence-débat qui s’est tenue à dans la bibliothèque de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia-Conakry (UGLCSC). Ce cadre de réflexions et d’échanges était offert par une jeune ONG du nom de "Club Sociologique de Guinée" (CSG), composée en grande partie des diplômés de la 43ème promotion de la même institution d’enseignement... 16:45 21-2-2012

La conférence était animée par Dr. Ismaël Pogba Gbanacé, ancien chef de cabinet du ministère de la santé publique et surtout coordonnateur du club de réflexion "Traditions et Développement". Il avait à ses côtés, Monsieur Denis Galema Guilavogui et Monsieur Georges Gandhi Tounkoura, tous deux anciens ministres. On notait aussi la présence de Néné Moussa Maléah Camara, autour du livre "La Guinée est une famille".

Dans son exposé liminaire, le conférencier a dressé le constat du système éducatif guinéen de nos jours. Selon des efforts sont certes consentis pour permettre à l’école guinéenne de s’élever à la taille des défis qui les siens. Mais il pense qu’en dépit de ces efforts, de nombreuses zones d’ombre demeurent. En plus des problèmes logistiques et institutionnels qui se rattachent davantage selon lui à l’environnement de sous-développement qui caractérise le pays, Dr. Gbanacé s’est appesanti sur l’inadéquation entre le contenu des programmes de formation et les contextes socioculturels et économiques. Un déphasage qui, à en croire le conférencier, a des répercussions négatives non seulement sur l’emploi des potentiels diplômés, mais aussi sur l’ensemble de l’architecture économique du pays qui se trouve de plus en plus extravertie.

Une situation malheureuse que le conférencier avec force détails quand il dit : « Il n’est pas rare de rencontrer un diplômé vendeur de friperie ou chauffeur de taxi, un ingérieur agronome gérant d’une station d’essence, un licencié en lettres modernes, tenancier d’un télé-centre ou d’un bar-restaurant, un vétérinaire caissier d’une pâtisserie ou d’un magasin de ciment ».

Autant de paradoxes qui amènent les diplômés, désœuvrés, à succomber à toutes les tentations à s’offrir inéluctables à l’exil avec tout ce qui cela comporte à la fois de risques et de manque à gagner pour le pays. Pourtant, selon lui, il aurait suffi qu’on fasse montre d’initiatives et de réalisme pour comprendre qu’une infinité d’activités, d’opportunités et d’alternatives sont disponibles au niveau local. Le problème, c’est que les programmes d’enseignement ne sont pas conçus de manière à orienter les diplômés vers ces productions locales. Il citera en exemple les textiles de la forêt et les chaussures en cuir fabriquées par les cordonniers de Dalaba, qui ne bénéficient d’aucune espèce de promotion et qui sont concurrencés notamment par les productions occidentales ou chinoises.

Par ailleurs, fidèle à une certaine conception qui se soucie de la perte l’identité africaine, Dr. Gbanacé se dira "désolé par la non prise en compte des langues nationales dans le système d’enseignement guinéen". Pour lui, "cette négligence des langues nationales au profit de celles étrangères ainsi que le fait ne pas intégrer dans ce même système éducatif les réalités économiques sont des facteurs qui, non seulement contribuent à maintenir le pays dans le sous-développement, mais aussi accentuent la disparition des valeurs identitaires propres au pays".

Après son exposé, les débats qui s’instaurent ont permis d’évoquer d’autres aspects manifestement non pris en compte par le système éducatif et qui avaient échappé au constat du conférencier. Ce sont notamment: la dimension de la compétitivité des diplômés sur un marché de l’emploi de plus en plus globalisé, la question de l’entrepreneuriat individuel, la nécessité de moraliser le système éducatif, etc… 

Et à la fin de la cérémonie, on pouvait penser que le voeu formulé par le coordinateur de l'ONG "Club Sociologique de Guinée" avait été largement compris et pris en compte. En effet, à l'entame de la cérémonie, Mamadou Saliou Sow avait tenu à préciser au nom de son ONG que la satisfaction qui découlerait de cette rencontre serait de pouvoir rappeler aux éminents responsables qui étaient réunis "l'utilité de la permenance du débat sur presque tout, pour des solutions adaptées et adaptables"     

Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info

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