
L’expérience a prouvé que la menace extérieure, de ce point de vue, cherche toujours des éléments de déséquilibre sur lesquels s’appuyer, pour faire prospérer son projet, en l’occurrence, la pauvreté le chômage, les inégalités, l’injustice, l’oppression.
En Syrie tout est parti d’une révolution qui, au final, s’est muée en terreau fertile du djihadisme international. Ceux qui combattent par exemple dans les groupuscules djihadistes à travers le monde, ne sont pas des exemples de vertu religieuse, la plupart en sont garnis de drogués et de bandits de grands chemins qui ont subi un lavage de cerveau pour une cause sans issue.
La récupération politique et l’amalgame sur la pratique du culte sont à cet égard des éléments contreproductifs et déclencheurs de frustrations et de replis communautaristes. Ce sujet est plus que jamais d’actualité, notamment dans des pays comme la France qui, pourtant, sont considérés à tort ou à raison, comme des exemples de liberté en matière de pratique du culte et de cohabitation pacifiques.
La Guinée a autant raison de s’assurer de la pratique d’un Islam tolérant à l’intérieure de ses frontières, dans un contexte d’ire terroriste et de menace djihadiste, qu’elle a autant le devoir d’assurer sa sécurité intérieure comme extérieure. Un contrôle responsable à ses frontières terrestres (qui sont parmi les plus poreuses au monde), maritimes et aériennes, est incontournable impératif. N’importe qui peut entrer en Guinée, c’est une évidence. Même des djihadistes les plus recherchés. En témoigne l’arrestation de Saleck Ould Cheick à Boké, en début d’année. Le contrôle du trafic transfrontalier est un élément fondamental pouvant limiter l’importation d’extrémistes de tous bords sur le sol guinéen.
La Guinée doit déjà penser à la mise en place de sa propre politique de lutte anti-terroriste, avec des équipes opérationnelles et formées pour la cause. Il ne s’agit pas d’imposer des restrictions à tout va aux populations dans la pratique de leur religion, mais de mettre en œuvre un plan stratégique de protection des citoyens, sans sacrifier les fondamentaux en terme de liberté.
Bref, les autorités ont plus à agir qu’à faire des annonces spectaculaires. Alors place aux actes qui rassurent.
Mamadou Aliou DIALLO pour GCI
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