
Après les grosses manifestations d’il y a quelques semaines du côté de Tombolia, à propos du courant électrique, la capitale guinéenne a vécu en ce mercredi 12 mars deux manifestations simultanées et de pour des raisons différentes. La première a éclaté sur l’axe Nongo-Hamdallaye, sur la corniche nord. Et le motif que les protestataires, dont des jeunes et des femmes, ont invoqué, c’est le meurtre d’un tenancier d’un bar par un élève gendarme.
Le drame se serait déroulé dans la nuit dernière dans les environs du carrefour dit ”Ambiance”. Symptomatique du climat sécuritaire qui est loin d’être rassurant, le drame est consécutif d’une circonstance qui aurait trouvé sa place dans la rubrique des faits divers. En effet, l’altercation entre le gendarme et la victime aurait commencé quand le tenancier, s’apprêtant visiblement à fermer les portes de son bar, s’est mis en devoir d’aller jeter les ordures (bouteilles de bière, notamment) sous un point situé à côté. Accompagné de son ami, il y croise le gendarme qui lui dit qu’il ne devait y jeter les ordures. Face au refus d’obtempérer, la tension monte crescendo. Se retrouvant très vite en infériorité face à ses deux adversaires, le gendarme sort son poignard dans l’intention de s’en servir contre le plus jeune. Mais le coup fatal atteint plutôt le père.
Informées de la situation et l’assimilant à une conséquence de l’impunité dont les membres des forces de l’ordre seraient les principaux bénéficiaires, les populations décident de venger la mort de la victime. Obéissant à l’instinct de survie, le gendarme avait eu le reflexe de fuir et de se cacher. En désespoir de cause, les protestataires barricadent la route et paralysent la circulation pendant une bonne partie de la matinée. Déployées sur place, les services de sécurité réussissent progressivement à restaurer le calme. Mais il a fallu patienter, très tard dans la soirée, pour que la circulation reprenne de manière plutôt timide. Du côté des autorités, on annonce le gendarme serait déjà interpellé et on promet qu’il répondra de ses actes.
Parallèlement à cette manifestation qui se déroulait donc à Nongo, une autre venait d’éclater à Hamdallaye. Là, à l’image de ce qui s’était passée deux jours plus tôt à Bambéto, les femmes étaient les principales actrices. Munies de bidons vides et nouant un pagne autour de leurs tailles, elles ont également réussi à bloquer la circulation pour, disent-elles, réclamer une meilleure desserte en eau. Selon ce que certaines d’entre elles ont confié à la presse, il ya des semaines qu’elles ne voient pas une seule goutte dans les robinets. Ainsi, elles seraient contraintes de parcourir de très grandes distances, portant bidons et bassines, pour trouver très souvent une eau dont l’hygiène laisse à désirer. Aidées de quelques jeunes, elles auront également apporté des barricades sur la voie publique, contraignant là aussi les automobilistes à rebrousser chemin ou à emprunter des voies détournées.
Conséquence de toutes ces manifestations, les voies libérées de l’autoroute sont restées très embouteillées en ce mercredi.
Salématou Diallo pour GuineeConakry.info




















