COMMUNICATION: Séjour d'une délégation du Comité National de l'Egal Accès aux Média d'Etat du Mali

Une mission du Comité National de l'Egal Accès aux Média d'Etat (CNEAME) du Mali séjourne à Conakry. Selon le Chef de la délégation, cette mission a pour but d'« essayer d'entretenir des relations bilatérales avec nos homologues de la sous région et de nous inspirer de leurs expériences en matière de régulation de l'espace médiatique ; et surtout, de gestion de la campagne médiatique lors des différentes élections.»..

La mission a eu des séances de travail, d'abord avec le Président du Conseil National de Communication, Jean Raymond SOUMAH, ensuite avec le Collège des Conseillers. C'est au terme d'une de ces rencontres de travail que M. Yakouba BERTHE, conduisant la mission, s'est entretenu avec le Directeur du Bureau de Presse du CNC pour faire le point des échanges. Interview:

Bureau de Presse CNC (BP/CNC): M.Yakouba BERTHE, vous êtes administrateur civil de votre état et vous êtes du Comité National de l'Egal Accès aux Média d'Etat (CNEAME) en République du Mali. Vous êtes aujourd'hui en séjour en Guinée. Est-ce que l'on peut connaître l'objet de ce séjour?

Yakouba BERTHE (Y.B.) : Je vous remercie M. SYLLA. Comme vous le dites, je suis du Comité National de l'Egal Accès aux Média d'Etat du Mali qui est un organe de régulation de l'espace médiatique public contrairement à ce qui se passe ici où l'organe de régulation a une mission aussi bien sur le public que sur le privé. Donc, au niveau du Comité du Mali, nous sortons, de temps en temps, pour essayer d'entretenir des relations bilatérales avec nos homologues de la sous région et de nous inspirer de leurs expériences en matière de régulation de l'espace médiatique ; et surtout, de gestion de la campagne médiatique lors des différentes élections. Et, à ce point de vue, nous avons jugé qu'il était utile de venir en Guinée, voir avec nos frères, comment ils préparent les échéances électorales à venir. C'est dans ce cadre que mon collègue, M. SIRIMANA Bréhima et moi-même, sommes-là aujourd'hui auprès du Conseil National de la Communication. 

BP/CNC: Alors, quelles sont les grandes lignes des discussions que vous avez eues avec vos collègues ou homologues de Guinée?

Y.B.: Il faut dire que l'expérience guinéenne est assez intéressante, surtout pour nous, par rapport à ce qui se passe au Mali. Sur place, nous avons vu que le CNC embrasse plus de domaines d'activités que le Comité. Nous avons vu leurs méthodes de travail. Nous avons vu leurs attributions. Nous avons discuté avec eux de l'évolution du CNC de sa création jusqu'à aujourd'hui. Et cela est assez passionnant. Nous avons pris bonne note, et nous pensons que cela aussi peut nous aider à notre retour en vue d'une performance accrue du Comité.

BP/CNC: Vous dites que l'exemple du CNC guinéen vous a paru « passionnant » en matière de gestion ou de régulation des média. Est-ce par rapport à une certaine diarchie ou bien au bicéphalisme que l'on rencontre au Mali dans ce domaine que vous estimez que vos deux structures devraient être unifiées? 

B.Y.: Là, vous touchez un point délicat. C'est vrai qu'au Mali, contrairement à ce qui se passe dans la sous région, nous avons deux organes de régulation: le Comité National de l'Egal Accès aux Média d'Etat qui est un organe constitutionnel, créé par une loi organique, et le Conseil Supérieur de la Communication, qui est un organe de régulation placé auprès du Ministre de la Communication. C'est vrai que ce bicéphalisme au niveau du même espace crée souvent une confusion, surtout par rapport à l'extérieur où généralement, il n'y a qu'un organe. Et nous avons senti, aussi bien au niveau du Conseil Supérieur de la Communication que du Comité National de l'Egal Accès aux Média d'Etat que nous devons aller vers l'unification de ces deux organes si nous voulons avoir un organe de régulation performant et efficient. Dans ce sens d'ailleurs, depuis du temps du Président Alpha Oumar Konaré, un projet de réforme constitutionnelle avait été initié qui, malheureusement, n'a pas abouti. Actuellement aussi, le Président Amadou Toumani Touré a mis en place une commission de réflexion sur les grandes réformes à faire en matière politique. Et à ce niveau aussi, la commission est arrivée à la même conclusion que nous: c'est que, il faut un seul organe de régulation qui prendrait en charge les attributions dévolues aux autres organes aussi bien sur le public que sur le privé. Nous y allons et nous le souhaitons. 

BP/CNC: Le Mali, qu'on le veuille ou pas, dans le domaine de la régulation des média, une certaine expérience par rapport à la Guinée. Alors, quelles ont été les curiosités de vos interlocuteurs du CNC au cours des échanges? Surtout que vous placez vous-même, ce séjour sous le signe de l'échange d'expériences...

B.Y.: Tout à fait. Ce voyage est un voyage d'échange d'expériences. Nous avons eu à nous pencher sur ce qui se fait en Guinée, comme les membres du CNC aussi ont eu à poser des questions et à être mieux au courant de ce qui se passe chez nous au Mali. Et dans ce sens, je pense que ce qui a beaucoup intéressé les membres du CNC c'est comment nous gérons les élections dans la mesure où bientôt la Guinée aussi va aller vers des élections multipartites. Nous souhaitons que ces élections soient libres, transparentes et crédibles comme toute la communauté nationale aussi bien qu'internationale. Donc, dans ce cadre là, l'expérience malienne est assez intéressante pour le CNC de la Guinée dans la mesure où, depuis 1992, le Comité gère les campagnes médiatiques des différents partis politiques et des différents candidats aux différentes élections ; qu'elles soient présidentielles, législatives ou communales. Et donc, notre expérience les a intéressés au plus haut point et nous n'avons pas manqué l'occasion de leur donner copies de toutes les décisions que le Comité a eu à prendre dans ce domaine-là et aussi de leur expliquer de vive voix comment ça se passe et comment nous gérons les campagnes. 

BP/CNC: Vous avez dû écouter certaines radios depuis votre arrivée. Avez-vous une appréciation à faire, d'une part et d'autre part, avez-vous pris contact avec certains média guinéens?

B.Y.: Pour le moment, nous n'avons pas, malheureusement, pris contact avec les média. Dans tous les cas, le Comité National de l'Egal Accès aux Média d'Etat du Mali ne s'occupe que du domaine public. Nous ne nous occupons que des média du service public pas des média du privé. Mais l'expérience en la matière est intéressante dans la mesure où nous allons, dans notre pays, vers l'unification des deux organes. Ce que nous avons vu ces deux derniers jours est assez instructif pour nous. Notamment la dernière décision du CNC concernant l'interdiction du politique au niveau des émissions interactives, au niveau des privés. 

BP/CNC: Il s'agit d'une suspension à temps...

B.Y.: Il s'agit d'une suspension à temps et la réaction que cela a suscité au niveau du privé, tout ça, nous prenons acte et nous analyserons dans la mesure où nous allons vers l'unification, nous prendrons un jour en charge ça et cela nous donne déjà une expérience en la matière. 

BP/CNC: Il aurait été vous, quelle aurait été la démarche que vous auriez adoptée?

B.Y: Euh! La même que le CNC. 

BP/CNC: Je vous remercie.

B.Y.: C'est moi qui vous remercie M. Sylla. 

Propos recueillis par Ibrahima SYLLA, Directeur du Bureau de Presse du Conseil National de la Communication



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