CHARLIE HEBDO : Le numéro de l'incompréhension ou de la contradiction ?

Les attaques terroristes des 7 et 9 qui ont bouleversé la France et le monde, par la tuerie qui les a caractérisées, resteront longtemps dans la mémoire de l’humanité. Le drame de Charlie Hebdo, notamment avec l’assassinat des caricaturistes historiques Cabu, Charb, Wolinski, Tignous et autres, ont mobilisé le monde entier autour de valeurs essentielles comme la liberté d’opinion et d’expression. Le journal qui tirait à 60.000 exemplaires fait un bond de Goliath, en atteignant ce mercredi à quelques 3 millions d’exemplaires ! Du jamais vu dans la presse ! Cet enthousiasme socio-commercial inquiète plus d’un, et beaucoup crient déjà à la récupération faisant du fameux slogan de Joachim Roncin, «Je suis Charlie», le "centre d’un commerce parallèle ». Pas étonnant donc que les produits dérivés cartonnent sur Internet, au moment où parait le n° 1178.

Ce numéro 1178 de l’hebdo satyrique est déjà controversé avant même sa sortie, car il montre le prophète Mahomet en sanglots, sous le crayon de Luz de la rédaction de Charlie, tenant une pancarte sur laquelle, il est inscrit « Je suis Charlie » ! Avec un titre qui est tout un programme : «Tout est pardonné».

Bravoure ? Provocation ! Blasphème ? Le monde musulman va, à n’en pas douter se déchaîner ! Déjà, certains y soupçonnent un racisme de mauvais aloi. Et le grand moufti d’Egypte dénonce et condamne.

Pour Aliou TALL, président du Réseau Africain de Défense des Usagers, des Consommateurs et du Citoyen (RADUCC) : « Les attentats perpétrés contre Charlie Hebdo sont vus et décrits globalement sous un seul angle. Mais l’enquête ne doit pas négliger la face immergée de l’iceberg, qui pourrait cacher l’œuvre de commanditaires malicieux qui en voudraient à la fois à la France et à l’Islam. Le cas échéant, ces commanditaires auraient intérêt à discréditer l’Islam, à promouvoir une islamophobie structurelle en France. Il ne faut pas perdre de vue que n’importe qui peut commettre un attentat, prononcer « Allahou Akbar » et dire qu’il agit sur ordre d’Al Qaïd ou de l’Etat islamique,  dans la seule finalité d’accabler les musulmans et de manipuler le peuple français contre eux.

Comme on le voit, ce numéro des « survivants » au-delà de son tirage prolifique et de sa traduction en 16 langues, arrive au cœur d’une polémique qui va fissurer voire lézarder la grande unanimité faite jusque là autour de la ‘’tragédie connectée’’ des 7 et 9 janvier derniers.

La lecture et l’interprétation de la volonté de continuer de l’équipe de Charlie Hebdo dans son impertinence, apparait pour de nombreux musulmans et sympathisants, comme une culture de l’irrespect pour la religion de Mahomet, dans laquelle cette espèce d’iconographie est bannie. ‘’Le droit au blasphème’’ ne semble pas être encore la potion intellectuelle de nombreux croyants africains, ou du monde musulman en général.

Le monde va-t-il s’embarquer dans le vaisseau d’une nouvelle fracture culturelle ? La lutte contre la stigmatisation, telle qu’initiée en Allemagne pourra-t-elle amenuiser la colère des musulmans subjugués par le tout dernier numéro de Charlie Hebdo ?

Ce numéro veut-il toujours continuer à dire «les pires horreurs sur le christianisme, le judaïsme et l'islam» ? Au nom de la liberté d'expression et d'informer ? Au risque, comme le pensent certains observateurs avisés, de jeter de l'huile sur le feu...

Une gageure qui ne sera pas facile à gagner.

Maria de Babia pour GCI

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