''JE SUIS CHARLIE'' : L’Afrique dans la marche républicaine

Après l’ignoble et lâche assassinat de nos confrères de l’hebdomadaire satirique français, Charlie Hebdo, les populations français, et le monde entier leurs côtés, ont organisé une marche symbolique pour dire toute leur désapprobation. Très affectés par ce qui est arrivé le mercredi 7 janvier et par tous les autres assassinats dans la foulée; les marcheurs, au-delà de l’hommage à nos confrères, entendaient signifier leur farouche opposition à l’approche obscurantiste des terroristes. Un rassemblement sans précédent qui a mobilisé plus de trois millions de personnes, qui a fait de la France ''la capitale du monde'' pour un jour !

Par cette puissance marche organisée aussi bien à Paris que dans de nombreuses villes françaises et au-delà, en Afrique notamment, il était également question de défendre les valeurs que constituent la liberté de la presse ainsi que celle de l’expression. A travers quelques-uns de ses dirigeants, l’Afrique était au rendez-vous pour surtout témoigner sa solidarité au président français. Car pour ce qui est de la liberté de la presse, elle n’est certainement pas la priorité de certains d’entre eux.

Ali Bongo Ondimba, Mahamadou Issoufou, Boni Yayi ou encore Ibrahim Boubacar Keïta avaient tenu à être parmi la cinquantaine de dirigeants du monde à prendre part à cette marche qui a réuni plus de 3 millions d’âmes. Cette puissante mobilisation était surtout justifiée par la nécessité de dire de manière relativement unanime Non au règne de la terreur et de la barbarie. La marche d’hier était destinée à dire aux commanditaires des frères Kaouchi et à tous ceux qui, tapis dans l’ombre et attendant la funeste occasion pour agir, qu’au-delà de Charlie Hebdo et des cinq autres victimes des violences de ces derniers jours, le monde n’est pas prêt à céder à la menace de la violence. Symboliquement, c’était l’union sacrée contre le terrorisme, qu’il soit islamiste ou pas.

De la part des dirigeants africains qui ont pris part à cette grosse mobilisation, il importe cependant qu’ils sachent tirer la bonne leçon de leur participation. Pour certains d’entre eux, cette précision est d’autant plus utile qu’ils ne sont pas particulièrement favorables au libre débat dans leurs propres pays. Le cas du Gabon est symptomatique de cet état de fait.

Pour avoir manifesté la dernière fois à Libreville, ce sont en effet de nombreux opposants qui avaient été interpellés. Pourtant, comme les journalistes de Charlie Hebdo, leur seul crime aura simplement été de dire quelque chose qui déplait au pouvoir en place. C’est d’ailleurs ce qui amène à croire que la présence de beaucoup de dirigeants africains à la marche est moins liée au nécessaire soutien à la liberté d’expression que pour le besoin irrépressible de témoigner sa solidarité au mentor que constitue François Hollande.

A suivre : La marche à conakry

Boubacar Sanso BARRY pour GCI

2015 GuineeConakry.info   

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