
La fusillade qui a conduit à la mort de nos confrères de Charlie Hebdo est avant tout révélateur du caractère vindicatif des terroristes qui ont opéré et commandité l’acte. C’est la preuve que ceux qui professent une si obscurantiste doctrine, n’ont aucune once de pardon.
Autrement, les caricatures que les assaillants ont invoquées avant d’ouvrir le feu, remontent à une période relativement reculée. Pour tout autre humain normal, un tel épisode aurait été définitivement clos. Bien qu’aucune excuse ne puisse justifier l’horreur perpétrée, on a cependant l’impression que les autorités françaises, en omettant de prendre en compte ce caractère singulier de la part des terroristes, ont relativement ‘’péché’’. Quand on a pour adversaires des terroristes aussi déterminés à verser du sang et à répandre la terreur, la veille et la vigilance doivent relever d’une stratégie permanente.
Dans le cas de Charlie Hebdo, c’est à se demander si les deux policiers qui étaient en faction devant le siège du journal étaient suffisants, eu égard à la menace potentielle ? On ne comprend pas non plus comment se fait-il que les deux assaillants se soient volatilisés en plein cœur de Paris ? Qu’ils aient eu le temps de remonter dans leur véhicule, de changer celui-ci et de disparaître dans la nature est totalement incompréhensible. D’autant plus que Paris n’est pas l’Adrar des Ifoghas !
Cet horrible attentat contre la presse est également une évidente (mais très regrettable) preuve de la transversalité du phénomène terroriste. Comme le rappellent encore les attentats contre les tours jumelles américaines du 11 septembre, l’attaque contre Charlie Hebdo signifie que les islamistes ne sont plus confinés qu’en Syrie ou dans le désert sahélien. Ben Laden n’est certes plus de ce monde, mais il a décidément eu le temps de disséminer sa nébuleuse à travers les quatre coins de la planète.
En conséquence, toute stratégie qui se veut efficace doit être envisagée dans une perspective synergique. Ce qui veut dire que les approches à géométrie variable ne sont plus pertinentes. Toute menace terroriste, qu’elle soit en Libye, dans les Philippines ou quelque part en Inde, doit être perçue comme un danger qui guette l’humanité entière. De même, en ces moments certes douloureux, il importe de préciser que la guerre contre le mal qu’est le terrorisme ne doit pas être qu’armée.
La pauvreté, l’injustice et l’arrogance de certains à l’égard d’autres sont des facteurs sur lesquels il faut parallèlement agir pour espérer un meilleur résultat.
Boucar Sanso BARRY pour GCI
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