
C’est à croire qu’elle a fini par comprendre qu’il lui fallait rompre, ne serait-ce que provisoirement, avec les discours conciliants qui faisaient d’elle plus une mère qu’une ‘’cheffe’’ de l’Etat. A l’occasion de la fête nationale sobrement célébré hier à Bangui, Catherine Samba-Panza a tenu à ses compatriotes en général et aux membres des différents groupes armées en particulier, un langage de vérité et de fermeté. Au moment où les ex-Séléka font dans du chantage, la présidente centrafricaine choisit de ne caresser personne dans le sens des poils de la bête. Tout au contraire.
Catherine Samba-Panza s’adressant notamment à l’ensemble de ses compatriotes, a déclaré : « Tous les indicateurs de notre société sont aujourd’hui au rouge, et expliquent à eux seuls la difficile transition politique dont j’ai la charge ». Mais à l’en croire, le drame centrafricain dépasse le cadre strict de la transition politique en cours. A ses yeux, le mal du pays est si profond qu’en 54 ans d’indépendance, la Centrafrique ne disposerait pas des « moyens de son indépendance et de sa souveraineté, par la propre faute de ses filles et fils », avant d’ajouter « le bilan de nos années d’indépendance ne nous fait pas honneur ». Voilà qui est vrai. Parce qu’en réalité, au regard de la situation qui prévaut aujourd’hui en RCA, le demi-siècle d’indépendance est presque perdu.
Mais cette dure réalité est le résultat d’une pluralité de facteurs qui ont interagi, les uns sur les autres, durant toute l’histoire du pays. Pour sa part, Catherine Samba-Panza se préoccupe surtout du sort de la transition. Et pour cela, elle appelle à une mobilisation générale contre les fauteurs des troubles qui sont tapis dans les quartiers. Elle invite ses concitoyens à se montrer vigilants face à toutes les manœuvres quotidiennes qui vont dans le sens de la déstabilisation du processus de transition.
Au cours de cette adresse à la Nation, Catherine Samba-Panza s’est particulièrement élevée contre les velléités sécessionnistes d’une certaine frange des ex-Séléka. Assimilant une telle revendication à la pire menace qui guette la nation, elle qualifie ses auteurs d’’extrémistes en mal de pouvoir’’. Précisant à l’intention des partisans de la partition du pays que leur démarche est imposture politique, la présidente Catherine Samba-Panza invite également ses compatriotes à faire échec à ce « projet funeste ».
Après avoir longuement prêché la paix et le pardon, la présidente centrafricaine semble avoir décidé d’essayer l’approche hard. Au passage, elle pourrait booster l’autorité de l’Etat, au moment juste on en a le plus besoin.
Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info




















