CENTRAFRIQUE : Mahmat Kamoun face aux premiers écueils

La République centrafricaine est dans une situation telle qu’un responsable n’y bénéficie d’aucune période de grâce. Aussitôt nommé, il doit affronter les premiers problèmes. Mahmat Kamoun ne fait pas exception à cette règle tacite mais réelle. C’est ainsi que, nommé dimanche dernier, il lui faut déjà se battre pour se faire accepter par les ex-Séléka. Alors qu’en proie au timide accueil qu’il reçoit de la part de la communauté internationale, il lui faut composer un gouvernement qui devra nécessairement faire consensus.

On avait cru que la présidente centrafricaine, Catherine Samba Panza, en misant sur le musulman Mahmat Kamoun, avait réussi à rassurer en particulier les ex-Séléka. C’était sans compter avec l’extrémisme et le peu de cohésion qui caractérisent les hommes de Michel Djotodia.

En effet, il y a quelque chose de radical dans le fait pour l’ex-rébellion d’exiger que le nouveau premier ministre soit exclusivement issu de ses rangs. On ne sait d’où elle tire une telle légitimité. Pas en tout cas de sa supériorité militaire. C’est d’autant plus étonnant de sa part, qu’en réalité, ses membres n’avaient même pas pu s’entendre autour d’un nom à proposer. De sorte qu’on a l’impression qu’ils font plutôt de la mauvaise foi.

Mais dans le contexte de violence dont on tente de sortir la RCA, le nouveau PM devra composer avec ce genre de caprices. Pour le succès de sa délicate et tout aussi déterminante mission, il doit faire l’effort d’obtenir l’assentiment ne serait-ce que de la frange des ex-Séléka qui s’était rendue à Brazzaville. L’autre mission qu’il a et qui n’est pas des plus évidentes à remplir, c’est bien la composition de son gouvernement.

A l’heure du partage crucial du gâteau du pouvoir, les candidats ne manquent pas. Alors que le morceau à partager n’est pas illimité. Toutes les entités qui ont été consultées et dont les avis n’avaient pas été pris en compte dans le cadre de la nomination du premier ministre, espèrent être récompensées au niveau gouvernemental. Le premier ministre devra donc veiller à ce que son équipe soit la plus inclusive possible, mais qu'elle ne soit pas "une robe longue". Même si les risques pour que les antagonismes qui en résulteront, minent l’action gouvernementale sont très grands. Mais il n’aura pas le choix.

Enfin, au-delà des différentes composantes de la société centrafricaine, Mahmat Kamoun aura à rassurer la communauté internationale. Sans prendre le risque de désavouer ouvertement Catherine Samba Panza, cette dernière n’approuve pas en effet la désignation du nouveau PM. Elle misait sur Karim Meckassoua qui, espérait-elle, incarnerait davantage l’autorité dont le pays a besoin pour se relever. Son vœu n’ayant pas donc été exaucé, elle n’accompagnera que très prudemment Mahmat Kamoun. A moins que très rapidement, celui-ci se révèle à la hauteur des espoirs placés en lui.  

Pivi Bilivogui pour GuineeConakry.info

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