
Quand, il y a quelques mois, des responsables des Nations unies avaient évoqué la mise en place d’une commission d’enquête sur les violences et les crimes perpétrés en République centrafricaine, certains miliciens n’y avaient vu que des propos simplement dissuasifs. Eh bien, ils doivent s’être trompés. Car, ce matin même, ladite commission, sous la houlette du Camerounais, Bernard Acho Muna, et comprenant la Mauritanienne, Fatima M’Baye et le Mexicain, Jorge Castaneda, commence un méticuleux travail devant aider à établir les faits et identifier les éventuels responsables des crimes, dont ce pays est le théâtre depuis un an.
Une commission pour mieux comprendre
Pendant deux semaines, cette commission, parcourant tout le pays et auditionnant les autorités à tous les niveaux, le citoyen lambda, mais aussi responsables et membres d’ONGs, devra aider la communauté internationale à comprendre ce qui s’est véritablement passé dans ce pays depuis en particulier la chute du président François Bozizé.
Plus concrètement, la commission devra faire en sorte de situer les responsabilités autour des nombreux cas de meurtres, de vols, de viols et d’incendies que les médias ont relayés pendant l’année dernière. A priori, la réponse à cette préoccupation est connue du grand public. En effet, les milices rivales que sont la Séleka et les anti-balaka sont responsables de tous les malheurs que les populations de la Centrafrique endurent depuis des mois. Cependant, dans la perspective d’un procès devant servir de leçon, on a besoin de faits précis pouvant étayer les accusations. Car en réalité, le mobile de cette démarche réside dans la volonté de la communauté internationale de prévenir un nouveau génocide africain.
Eviter un autre Rwanda
En effet, selon plusieurs rapports plus ou moins confidentiels, aujourd’hui disponibles sur la situation centrafricaine, si rien n’est fait, on pourrait tout simplement assister à l’extinction des populations de confession musulmane. Subissant des représailles disproportionnées de la part des milices chrétiennes anti-balaka, les Musulmans centrafricains n’ont que deux alternatives : se faire tuer ou fuir le pays.
Selon des observateurs pointus de la situation, les différents actes de violation des droits de l’homme sont précédés ou se doublent de l’entretien intentionnel d’une haine réciproque entre les différentes composantes musulmane et chrétienne du pays.
Devant une telle situation, la communauté internationale a estimé que la commission d’enquête ainsi mise en place et devant présenter son rapport au mois de juin prochain, est de ces mesures qui peuvent convaincre les uns et les autres à renoncer à leurs funestes entreprises.
Il reste cependant à espérer qu’il en soit ainsi !
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















