CENTRAFRIQUE: Horrible anniversaire !

« Anniversaire n’est pas égal anniversaire ! », diraient les comédiens ivoiriens de l’an 1 de la chute de François Bozizé. Parce qu’en Centrafrique, le premier anniversaire du départ de l’ancien président ne se célèbre, non pas autour d’une bougie sur laquelle on souffle joyeusement, encore mois autour du calumet de la paix que fumeraient collectivement les Centrafricains. Loin de ces images relativement idylliques au regard de la situation qui prévaut sur place, c’est dans un contexte empreint d’une nouvelle flambée de violences ayant fait une quinzaine de morts que la RCA a vécu ce premier anniversaire. Et c’est dire tout le drame que le pays traverse.

Ayant conscience du cynisme des ennemis qu’elles ont en face, les autorités centrafricaines et les forces étrangères avaient pris des dispositions particulières, pour ne pas que ce premier anniversaire soit sanglant. Mais les miliciens Anti-balaka et les ex-Séléka sont passés outre.

Selon des sources humanitaires et militaires, ce sont au total une quinzaine de personnes qui ont été tuées durant le week-end dernier lors d’affrontements au niveau du quartier PK-5, dans la capitale Bangui. La milice d’auto-défense pro-chrétienne non encore totalement contrôlée par les éléments de la MISCA et de Sangaris et quelques récalcitrants de l’ex-rébellion Séléka, favorables aux musulmans, y auraient livré une bataille des plus ardues. Prises à parti par un des camps, les forces étrangères ont dû riposter.

Cet incident qui se produit alors que l’on pensait que la situation s’est relativement calmée atteste de la volatilité du contexte centrafricain. Par ailleurs, que les deux camps aient osé s’affronter à Bangui même, est suffisamment illustratif des limites des forces de la MISCA et de Sangaris. Au point qu’on ose à peine imaginer ce qui doit prévaloir dans l’arrière-pays qui ne jouit pas du privilège d’avoir des soldats étrangers.

Selon certains organismes humanitaires, dans les lieux reculés de la capitale, les criminels se livraient toujours aux exactions les plus éhontées, sans aucun risque de se voir dénoncé par les médias, inquiété par une force neutre ou poursuivi par la justice. D’où l’appel conjoint et pressant des deux chefs religieux que sont l'archevêque de Bangui, Dieudonné Nzapalainga et l'imam Oumar Kobine Layama, en faveur du déploiement des 12.000 casques bleus promus par le secrétaire général des Nations unies. Ceci, après les atermoiements qui bloquent les 500 soldats de l’Eufor. Sauf que côté onusien non plus, rien de précis n’est en vue. C’est à croire que la Centrafrique est oubliée par le monde au moment justement où elle le plus besoin d’aide. 

Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info 

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