
Au-delà de la rébellion, l'armée tchadienne est souvent accusée de prendre parti pour les musulmans centrafricains. Dans le carnage de samedi, on n'a pas encore les éléments qui pourraient justifier que ce sont des affinités confessionnelles qui ont pesé. De même, on ne sait pas encore si les troupes tchadiennes ont agi pour défendre leurs compatriotes qu'ils cherchaient à rapatrier.
L'inexpérience de l'armée tchadienne ne peut être invoquée comme excuse. Leur rôle déterminant dans la libération des régions septentrionales du Mali atteste de la qualité des soldats d'Idriss Déby Itno. Ils ne peuvent pas avoir cédé à une panique émotive. Même l'argument selon lequel ils auraient riposté à une attaque, ne saurait justifier qu'ils tirent aussi aveuglement dans le tas de populations totalement désarmées. Il importe que N'Diamena s'explique. Et que des sanctions tombent tout de suite contre les soldats fautifs.
Autrement, ce n'est pas parce que des troupes étrangères sont en sous-effectif qu'il faut laisser certains « prétendus sauveurs » agir à leur guise. La France notamment, mettant de côté les services que le Tchad lui a rendus dans la gestion de la crise malienne, devrait tenir un langage de vérité à Idriss Déby. L'Union Africaine est également interpellée par cette bavure. C'est en effet son incapacité à mettre sur pied une mission d'intervention qui donne ainsi le droit aux soldats de N'Diamena de tuer impunément les populations centrafricaines.
Le massacre dans le nord-Bangui doit aussi convaincre l'Union européenne à accélérer le processus de déploiement de ses 500 soldats. Cette ignoble bavure attestant le danger permanent qui pèse sur la capitale centrafricaine et ses populations, les Nations unies, enfin, doivent s'en inspirer pour concrétiser leurs promesses de déploiement de 12.000 hommes. Sinon, la RCA court vers sa perte.
Pivi Bilivogui pour GuineeConakry.info




















