
Une tache apparemment facile, mais qui pourtant demande des efforts gigantesques de part et d’autre. Puisqu’il va falloir pour un début classer les partis politiques en deux groupes, après avoir trouvé une place pour les centristes proches du pouvoir et ceux proches de l’opposition. Ce n’est pas évident qu’ils soient acceptés aussi
vite qu’on le croit. Puis, il sera question de choisir le syndicaliste consensuel et les deux acteurs de la société civile pour compléter le nombre de commissaires à 25. L’administration ayant procédé au remplacement de ces deux représentants.
Dorénavant, aucun de ces nouveaux ne sont surs de bénéficier de la confiance de l’un ou de l’autre groupe politique. Les 20 premiers venant tous d’une formation politique classée soit du coté du pouvoir ou de l’opposition. Les deux représentants de l’administration, sont supposés défenseurs des positions du gouvernement, donc du pouvoir en place. Comme eux, les trois autres membres de la société civile et du barreau de Guinée sont tous étiquetés. De facto disqualifiés pour présider la CENI.
Les mêmes soupçons pèsent sur tout autre Guinéen considéré, selon sa région d’origine ou son ethnie comme proche d’un parti politique ou de son leader. Même les religieux, comme l’Imam de la grande mosquée Faïçal de Conakry, l’Archevêque de Conakry, Mgr Koulibaly ou encore l’Archevêque de l’église anglicane de la Guinée, la Guinée Bissau et la Sierra Leone, Mgr David Gomez ne font exception à la règle.
D’ailleurs certains d’entre eux ont été par le passé récusés par l’opposition qui les juge proches du pouvoir. C’est exactement pour les mêmes raisons que lors des dernières élections présidentielles, vu les difficultés pour trouver un homme ou une femme devant remplacer Ben Sékou Sylla, décédé dans l’entre-deux-tours, le choix a porté sur Amadou Toumany Sangaré, un général malien expert électoraliste, travaillant avec la CENI au compte de la Francophonie. Il a été préféré à la dernière minute à un Norvégien pour présider l’institution en charge des élections en Guinée. Mettant ainsi "en péril" la visée trop nationaliste de certains compatriotes qui n’en revenaient vraiment pas. Mais que faire, après tant de tergiversations ?
Ce n’est donc pas par hasard que le challenger d’Alpha Condé porte son choix sur Robert Cardinal Sarah, sensé être le plus consensuel qui soit. Il s’est à maintes occasions montré capable de prendre du recul face aux nombreux problèmes qui se posent à la nation afin de leur apporter une analyse impartiale.
Reste à savoir s’il dispose du temps nécessaire et d’une garantie certaine de gérer avec la plus grande dextérité le processus électoral en
Guinée. Pour que Vatican puisse consentir de laisser venir démêler le nœud gordien
guinéen. Ce n'est pas évident. En tout cas, pour l'instant!
Pivi Bilivogui pour GuineeConakry.info




















