CELLOU DALEIN DIALLO: "Ce n'est pas la date qui nous intéresse, mais... la transparence!"

Hier jeudi 19 avril 2012, le leader de l'Union des Forces Démocratiques de Guinée, était l'invité spécial de l'émission-vedette de la Radio Familia FM, "Société-Débats". Durant plus de 45 minutes, Cellou Dalein Diallo a répondu aux questions des journalistes et des auditeurs de cette station. Il a abordé plusieurs questions, mais s'est surtout appesanti sur les questions relatives à la CENI et au processus des législatives. Il s'inquiète pour le manque de transparence et les actions unilatérales de la CENI, entre autres. GCI a donc jugé intéressant de vous faire connaître ... 15:07 20-4-2012

Il s'inquiète pour le manque de transparence et les actions unilatérales de la CENI, entre autres. GCI a donc jugé intéressant de vous faire connaître la position du chef du plus puissant parti de l'opposition guinéenne, à travers de larges extraits, pour mieux vous situer en ces moments de crise socio-politique avérée....

Quel est votre état d’esprit par rapport au chronogramme donné par la CENI la date du 8 juillet?

J’aimerais qu’on aille un peu dans les détails  pour situer les responsabilités parce que accuser globalement la classe politique n’est pas la plus belle manière de ressortir la vérité et travailler pour la manifestation de la vérité, pour être informé.   

Pour vous, ce détail c’est quoi ?

Dès le début de l’année 2011, nous avons adressé une lettre à l’autorité pour lui demander un dialogue afin qu’on puisse s’entendre sur les  conditions d’organisation de ces élections législatives, dans le meilleur délai, et dès le mois de mars déjà ! L’UFDG en tant que membre de l’ADP a encore adressé une lettre au Ministre de l’administration  pour tenir ces législatives dans le meilleur délai, pour finaliser cette transition. Pour ce faire, il était indispensable, d’être dans les meilleures conditions de se retrouver autour d’une table pour discuter les choses ensemble, et de la manière dont ces actions devaient être menées, et que de manière consensuelle on aille vers des élections apaisées. Mais  nous n’avons pas eu de suite.   

Pendant un an on se bat, on a même marché pour réclamer  ce dialogue. Mais au moment où on fermait les portes de dialogue, l’Etat et la CENI étaient entrain de poser des actes de manière unilatérale et souvent illégale. Nous avons dénoncé ces actes. Concernant la décision de prendre la SAGEM avait décidé de manière transparente la suite d’un appel d’offre, en 2007. Nous n’avons pas dit que la SAGEM est parfaite. Mais on peut décliner les faiblesses de la SAGEM pour qu’ensemble on puisse changer d’opérateur. Mais non, seulement la CENI et le Gouvernement, tous ensemble, ont  cherché a éliminer la SAGEM, mais aussi à recruter sans appel d’offre un autre opérateur ; de se trouver du matériel nouveau. Alors que le matériel de la SAGEM est là. C’est acheté par les contribuables Européens dans le cadre de l’assistance à la Guinée pour l’organisation des élections. C’est du matériel performant, irréprochable ; il a été testé, il est là, il est tout neuf. On a dit : non on ne veut pas ça ! Parfois on nous dit que le matériel de Waymack  a èté acheté, parfois on nous a dit qu’il était donné, mais on ne sait pas dans quelles conditions ?

Le processus électoral est une compétition entre les partis. Il est important que les matériels qu’on utilise et les opérateurs privés qui interviennent bénéficient de la confiance de tout le monde, c’est-à-dire, pour que cette confiance soit totale. Il faut que ce soit d’une manière transparente.  

Est-ce que la loi prévoit de vous impliquer  au niveau de la CENI ? 

Il y a une loi de la république : le code des marchés, pour l’utilisation des fonds publics, vous devez faire un appel à la concurrence, pour donner la possibilité à plusieurs entreprises de soumissionner avec celle qui sont compétentes. Donc il y a une loi, à  chaque fois vous utilisez des fonds publics, vous devez vous devez agir de manière transparente….

Pour les élections il faut informer la classe politique. C’est elle qui est partie prenante. On ne peut pas imposer ses points de vue, mais lorsqu’une décision est importante doit être prise ; par exemple s’agissant d’un opérateur, il faut que tous partis soient informés. Parce qu’en ce qui concerne la manipulation des fichiers sur le plan informatique, il y a beaucoup de possibilités. Il faut qu’on sache que la société qui est choisie peut garder son indépendance, la discrétion et la neutralité face aux partis en compétition. C’est pourquoi, on choisit généralement de manière transparente ceux qui interviennent dans le processus électoral. Mais nous avons un handicap, voyez  ce que la CENI est entrain de faire. Elle est devenue caduque par rapport a la loi qui l’a créée ; parce que l’article de la loi 013 dit que la CENI est composée de manière paritaire entre l’opposition et le pouvoir. Chacun des partis désigne son représentant (…) Au temps de Conté, le PUP qui était le parti au pouvoir avait 10 représentants, mais les 10 représentants sont là encore et le PUP est aujourd’hui aux cotés du Collectif des partis politiques. 

Quelle est votre position par rapport à la date du 8 juillet, date fixée par la CENI pour les législatives? 

J’ai souvent dit par rapport ce problème, que ce n’est pas la date qui nous intéresse. Nous l’opposition, nous sommes prêts à aller aux élections. Ce qui nous préoccupe ce sont les actions qui doivent être mises en avant, menées dans le respect de la loi, conformément aux règles de transparence. Si les gens estiment que le 8 juillet, en plein mois de carême, qu’ils peuvent faire des élections, avec la saison des pluies, est la période la plus indiquée pour organiser les élections par cette CENI ; oubliant toutes ces contraintes, mais pour nous, le plus important, avant cela, c’est l’audit du fichier qui se doit faire avant les élections ! (…)   

Propos recueillis par Caleb Kolié et Zézé de Familia FM, décryptés par Ousmane Bony Sylla de GCI 

 

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