
En émettant l'idée de briguer le poste de président de l'UFDG, lors du congrès prévu en août prochain, Bah Oury ne proférait décidément pas que des menaces en l'air. Le vice-président, aujourd'hui en exil est véritablement résolu à affronter Cellou Dalein Diallo, au cours de ce rendez-vous de renouvellement des instances dirigeantes du parti.
Et pour se donner le maximum de chance, il s'emploie à installer des structures à la base qui lui soient fidèles. C'est ainsi qu'un communiqué signé d'un vague et mystérieux comité d'organisation annonce la tenue du congrès des sections de l'UFDG-France, à la date du 12 avril prochain. Invoquant le fait que « Tous les courants d'idées et tous les responsables de l'UFDG ont un droit légitime et inaliénable d'exister, de s'exprimer et de faire éclore des débats fructueux pour enraciner notre démocratie. », les organisateurs qui ne précisent pas la date de rédaction de leur communiqué entendent néanmoins profiter dudit Congrès pour « élire le Bureau fédéral et (fixer) les grands axes des actions de l'UFDG-France »
Mais pour eux, la tâche ne sera point aisée. Parce que le clan proche de Cellou Dalein Diallo n'entend pas non plus se laisser faire. Signé de son secrétaire à la communication, et daté du 8 avril dernier, un communiqué de la Fédération UFDG-France, informe ainsi «ses militants et ses sympathisants qu'il est en train de procéder à la structuration de ses instances en Ile -de-France et dans les régions françaises. »
L'auteur dudit communiqué prend soin de préciser que cette démarche s'inscrit dans l'optique du Congrès d'août prochain. Mais les membres de cette Fédération dont la proximité avec le n°1 du parti est des plus évidentes assènent : « toute création de section UFDG-France ne peut s'organiser que sous son autorité exclusive (Fédération, NDLR), ou en présence effective deses membres délégués ad hoc »
De même, ils mettent en garde contre le «brouillage intégral que veulent instaurer les groupuscules de dissidents embusqués dans notre fédération » Contre les auteurs d'une telle manoeuvre, la Fédération recommande : « la fermeté exemplaire et la plus grande vigilance des sympathisants et des militants »
Pour le reste, le camp adverse n'est nullement épargné : « Les semeurs de
désordre et de discorde au sein de notre Parti se discréditent irrémédiablement par le ‘’cybermilitantisme’’ usurpateur qu'ils pratiquent en fanfaronnant devant de pseudo créations de sections ‘’UFDG-France’’ à leur dévotion. La voie de la contrefaçon politique conduira les inconsistants dissidents de l'UFDG-France dans l'impasse de leurs échecs programmés et vers leur absence avérée de courage dans le débat politique. De leur dessein entièrement négatif voué à l'encontre des nombreux et valeureux bâtisseurs du puissant parti démocratique qu'est l'UFDG, résultera un destin dérisoire ressemblant à un boomerang fatal que nos dissidents se forgent sans retenue à coups de clics mensongers sur Internet. »
Mais pour la Direction nationale du parti à Conakry a tenu à rappeler à tous "qu’en son Article 16 Alinéa 16.3, les Statuts du Parti disposent que les congrès des Fédérations sont convoqués et présidés par le Bureau Exécutif du Parti. (...) En conséquence, la convocation de ce congrès et illégale, nulle et nulle d’effet. "
Ces piques laissent croire que la période qui sépare du Congrès d'août ne sera pas de tout repos. Un affrontement fratricide interne qui n'est pas pour renforcer le parti dans l'optique des échéances de 2015.
Du pain béni pour un pouvoir qui, lui-même, ne sera certainement en meilleure posture.
Momo Soumah pour GuineeConakry.info




















