
Les jeunes puissamment mobilisés ont particulièrement apprécié le documentaire Immersion d’Espace TV sur l’axe Hamdallaye-Bambéto-Cosa. De même, l’assistance a unanimement salué la pièce de théâtre présentée par la troupe, ‘’Touche-à-tout’’. Une comédie consacrée à la police de proximité dont le mérite réside dans la critique tout aussi objective qu’exhaustive des tares reprochées aux services de sécurité.
Au cours du débat portant sur les violences urbaines, les échanges ont été francs et directs. Beaucoup d’intervenants s’exprimant avec le cœur, et les panélistes n’esquivant pas les questions. Idem avec le second débat portant sur le sous-thème, Rêves d’avenir. Si le caractère novateur de l’initiative et l’audace qui la sous-tendent suffisent à justifier son succès, le fait que les sujets débattus aient été abordés de manière exhaustive est un autre motif de satisfaction.
A propos des violences urbaines, la marginalisation de la femme et la nécessité de son implication dans les initiatives de paix, le phénomène de la prostitution et l’exclusion ressentie par les jeunes des ghettos ont tous été évoqués. En sorte que Laurent Zogbélémou, président de l’ONG, ‘’Conscience propre’’, voit dans l’initiative une occasion permettant aux « jeunes de pouvoir dire ce qu’ils ressentent. Un tel événement leur permet de s’exprimer. Si de telles activités sont multipliées, beaucoup de jeunes viendront s’exprimer, dire comment ils vivent et comment ils aimeraient qu’on les aide ». Il en est d’autant plus satisfait que, lui qui a vécu à un moment dans un ghetto et qui a pratiqué certains acteurs des violences qui y sont enregistrés, demeure convaincu que « Les manifestations que l’on enregistre dans certains quartiers de Conakry sont une forme de revendication de quelque chose. Les acteurs qui sont à la base de ces manifestations veulent qu’on résolve leurs problèmes, qu’on rompe leur isolement et qu’on ne continue pas à les négliger et à les traiter comme des citoyens de seconde zone ».
Au-delà du phénomène urbain ordinaire, M.Philippe Van Damme, chef de la délégation de l’UE en Guinée justifie le choix du thème de cette année par l’existence « d’une problématique urbaine dont on ne peut pas nier la réalité ». Evoquant un lien étroit de plus en plus établi par le subconscient collectif entre le phénomène urbain et les violences et plus généralement entre le phénomène urbain et l’insécurité, le représentant de l’institution européenne en Guinée, inscrit la thématique de cette année dans une démarche de correction d’une image stéréotypée.
«Nous voulions aussi surmonter ce cliché, en montrant la ville dans ses aspects les plus positifs », déclare-t-il à propos. Avec le diagnostic désormais disponible avec les résultats de l’enquête sur la perception de la sécurité, il n’exclut pas une approche intégrative des jeunes des banlieues qui s’inscrit dans démarche plus pragmatique.
Justement, Joschka Philipps, auteur de ”Bandes de jeunes et Emeutes urbaines en Guinée Conakry”, suggère que « l’on se montre plus concret en évoquant notamment des cas pratiques. Autrement, on reste dans un cadre purement intellectuel qui est souvent éloigné du phénomène ». De même, il pense qu’il « serait également d’une grande importance que les débats qui ont lieu ici se fassent aussi dans les quartiers réputés chauds, d’où naissent et se déroulent les violences »
Faisant le bilan de cette première journée il retient cependant deux leçons :
· La violence n’est pas un phénomène individuel, mais un produit d’un contexte social particulier.
· L’exclusion et la violence sont intimement liées. Si tout le monde était inclus et accepté par la société, on n’aurait pas autant de violence.
La suite des activités est prévue pour ce vendredi au Centre culturel franco-guinéen
Boubacar Sanso Barry pourGuineeConakry.info




















