
Pour succéder à Alassane Ouattara dont c'était le terme du second mandat, trois postulants sont sur la ligne de départ : Macky Sall, Ellen Johnson Sirleaf et John Dramani Mahama. Mais à ce niveau, ce ne sont pas les critères qui manquent. Aussi, le président sénégalais est très vite disqualifié par le fait que son pays soit francophone comme le président sortant. S'ils ne sont pas les plus nombreux dans la région, les pays parlant la langue de Shakespeare comptent néanmoins parmi eux le géant nigérian, qui leur permet de revendiquer d'être effectivement pris en compte.
Macky éliminé, le match final se joue entre Ellen Johnson Sirleaf et le chef de l'Etat ghanéen. Mais vu qu'un prix Nobel de la paix, ne compense pas le manque criard d'infrastructures qui caractérise le Libéria, les dirigeants de la sous-région ne font aucunement dans le sentimentalisme. Le Ghana disposant de tout ce qu'il faut pour accueillir les sommets de la CEDEAO, John Dramani Mahama est consacré nouveau président de l'instance, en dépit de son relatif jeune âge. C'est aussi cela la rançon de la bonne gouvernance. Même la diplomatie peut en tirer profit.
Pour le nouveau président cependant, les défis sont grands. Déjà, il lui faut ne pas fermer les yeux sur les ruines encore fumantes de la crise malienne. Mais ses priorités demeurent la Guinée Bissau et le Nigéria. Dans le premier cas, il s'agit de faire en sorte que le processus électoral qui s'y prépare soit le plus réussi possible. Tâche d'autant plus difficile que l'armée bissau-guinéenne, fortement minée par le narcotrafic, détient les principaux leviers de commandement.
Pour ce qui est du Nigéria, l'ennemi se nomme Boko Haram. Là aussi, le chantier est d'autant plus gigantesque que le nouveau président de la CEDEAO devrait impulser une dynamique régionale pour venir en aide à des autorités nigérianes à la peine face la secte islamiste.
A tous ces problèmes relativement circonscrits, s'ajoute la problématique plus générale, de la sécurité dans la vaste bande sahélienne. De même, dans certains pays dont la Guinée et le Burkina Faso, il est impérieux de s'assurer que les élections présidentielles de l'an prochain se préparent dans un climat de sérénité.
Enfin, il est désormais de la responsabilité de John Dramani Mahama de veiller à ce que la région
poursuive dans la dynamique de sa croissance économique soutenue.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















